Mémoire - Journal de front d'un médecin toulousain

Journal du front d'un médecin toulousain

Publié le 12 novembre 2011                                                             

 

Des carnets, des croquis, des cartes manuscrites, des photos, une correspondance riche de six cents lettres… la vie quotidienne des tranchées dans l'Aisne en 14-18, vue à travers le témoignage de ce médecin toulousain, a pu être reconstituée par sa famille. Un livre document, paru ces jours-ci.

1914. Laurent Sicard a vingt ans. Ce Toulousain en fac de médecine, est enrôlé dans le 417e régiment d'infanterie de Toulouse. Il est affecté dans l'Aisne, en première ligne. 2001, l'usine AZF explose. Un carton, oublié parmi des livres dans un appartement dévasté des Oustalous route d'Espagne, est découvert par hasard. Une demi-douzaine de carnets, six cents lettres, des photos, des croquis, des cartes… le quotidien au front de Laurent Sicard, devenu médecin à Saint-Lys, décédé en 1941, livre enfin ses secrets à sa famille. Son fils, Michel Sicard, prof de génétique à Paul-Sabatier à la retraite avec son épouse Nicole, ancienne directrice de recherche au CNRS, et Germain Sicard, son frère, ancien prof d'histoire en droit, ont passé ces dix dernières années à éplucher ces incroyables documents. « 1915-1918 : Un médecin toulousain, des tranchées de l'Aisne aux Monts de Champagne » est paru ces jours-ci. Ce modeste recueil, à compte d'auteur, livre cependant un témoignage inédit et apporte une réelle dimension historique à ce volet soissonnais de la première guerre mondiale…

« Il était sergent, médecin auxiliaire sur le front de l'Aisne entre 1915 et 1918. Deux fois blessé dans les tranchées, rentré en 1918, avant d'être à nouveau mobilisé en 1939-1940, et décoré par deux fois dont la médaille de la Légion d'honneur en 1940. Devenu le médecin de Saint-Lys, il est décédé en 1941 à Toulouse. Sans doute des suites de ses blessures. J'avais alors 9 ans »,

Michel Sicard, 79 ans, a l'œil humide lorsqu'il feuillette les vieux carnets, la photo jaunie de son père Laurent, posant fièrement dans sa capote à deux rangées de boutons et bandes molletières… « Mon père n'évoquait jamais les deux guerres. Nous avions quelques planches photos à la maison. Il avait ramené de nombreux clichés du front 14-18. Mais tout a basculé lorsqu'on a découvert ce carton… il y raconte l'horreur des tranchées, l'absurdité de la guerre, ses joies de soldat aussi parfois. Il était passé chez les Zouaves. Il relate la grande bataille du Mont Cornillet en mai 1917. « Une boucherie » qui diffère de la version officielle où 700 Allemands ont été tués. À l'aide d'une carte manuscrite des tranchées et des postes de secours qu'il avait dressé on a pu retrouver un ossuaire qui n'était pas répertorié ». C'est aussi cette nouvelle dimension de la Première Guerre mondiale qu'a rapportée dans ces carnets, ce médecin toulousain.

Journal du front d'un médecin toulousain ()

 

Pour commander l'ouvrage de Germain Sicard 43, rue Bonnat 31 400 Toulouse ou tel. 05 61 52 47 20. prix 14 €

 

                                                                                                       


Date de création : 16/11/2013 @ 12:38
Dernière modification : 16/11/2013 @ 12:38
Catégorie : Mémoire

Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


^ Haut ^