Exposition 2014 - Les Martyrs de Vingré - Exposition Rêves brisés

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Rêves brisés

est le nom de l'exposition 

consacrée à la guerre 14-18

dans l'Allier, avec notamment "Les martyrs de Vingré".

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Publié le 15/02/14

 

Ils ont invoqué les esprits d’hommes de lettres

fauchés sur le champ de bataille,

pour ressusciter l’horreur de la Première Guerre mondiale

cent ans après sa déclaration.

Les dirigeants de l’association culturelle Lacme

ont concocté une expo 2014 foudroyante.

 

« Le régiment gagna la crête et déboucha sur le plateau à travers les restes de quel carnage?! », écrit le Bourbonnais Émile Clermont en se souvenant du passage de l’Aisne.? - dessin d’époque de job revue de l’aquarelliste de Lapalisse raymonde parot

Le régiment gagna la crête et déboucha sur le plateau à travers les restes de quel carnage?! », écrit le Bourbonnais Émile Clermont en se souvenant du passage de l’Aisne.? - dessin d’époque de job revue de l’aquarelliste de Lapalisse raymonde parot

 

Il se tiendra là, débout, à l'entrée de l'exposition. Dans sa tenue presque propre : son pantalon rouge, sa capote bleue, son paquetage et sa baïonnette. Un mannequin. Inerte comme les pions que furent les fantassins en 1914, habillés comme leurs pères l'étaient pour la guerre de 1870. Elle avait duré à peine sept mois. Eux devront endurer quatre ans de combats.

Ce mannequin n'aura pas de visage. Il sera n'importe lequel des huit millions d'hommes appelés au front ou il sera l'un des six que Lacme met en avant dans son exposition : les écrivains Charles Peguy, Émile Clermont, Alain-Fournier et les trois martyrs de Vingré originaires du Bourbonnais, Pierre Gay, Claude Pettelet et Jean Quinaud.

« Nous avons des hommes de Lettres avec un L majuscule et ces martyrs qui écrivent leur dernière lettre la veille de leur exécution », souligne Joël Talon, le président de Lacme.

1 Charles Peguy. Écrivain et poète à cheval entre XIX e et XX e siècle, attiré par l'anti-cléricalisme puis par le catholicisme, par l'anarchie puis le conservatisme, il est aujourd'hui trop méconnu. Orléanais, il a ses origines en Bourbonnais : sa mère est moulinoise. Sa tante vivait à Saint-Ennemond, sa grand-mère à Gennetines. Son essai Argent, publié en 1913 avait fait grand bruit. Las, le lieutenant Peguy a été fauché à 41 ans, en 1914.

2 Alain-Fournier. Lui aussi est mort en 14, à 28 ans, sans jamais pouvoir publier un second roman. En voisin berrichon, il s'est inspiré du Bourbonnais. Dans Le Grand Meaulnes, la chapelle Saint-Agathe est inspirée de celle du village de Saint-Désiré. Il connaissait un petit peu l'Allier… Sa s'ur était d'ailleurs pensionnaire au lycée de jeunes filles de Moulins. Une anecdote veut qu'elle ait eu en sa possession une photo de son frère qui a déclenché chez ses camarades de classe beaucoup de sentiments amoureux. Il en a reçu des lettres transies !

3 Emile Clermont. Lui aussi est un voisin, Puydomois, qui trouve ses racines en Bourbonnais. Sa mère était de Montaigut-le-Blin. Enfant, il y passait ses vacances. Il a survécu à la guerre jusqu'en 1916. Il avait 36 ans. Contrairement à Péguy et Fournier, il a eu "le temps" d'écrire sur cette guerre. Dans l'un de ses textes, il raconte Le Passage de l'Aisne… Extrait : « Le régiment gagna la crête et déboucha sur le plateau à travers les restes de quel carnage ! […] La route était tellement encombrée et couvertes de cadavres qu'il fallait à chaque pas chercher une place où poser le pied, et qu'on ne savait comment avancer. C'étaient les corps de ceux tombés dans la lutte de la veille, principalement au cours du dernier assaut, qu'avaient accompagné les clairons. »

 

4 Pierre Gay. Originaire de Tréteau, il fait partie, comme les cinq autres martyrs de Vingré, du 298 e RI, composé majoritairement d'hommes de la Loire et de l'Allier.

5 Claude Pettelet. Originaire de La Guillermie, il avait 27 ans quand il fut tiré au sort pour figurer parmi les six fusillés pour l'exemple.

6 Jean Quinaud ou Quinault. Voici ce que le soldat originaire de Saint-Victor écrit à sa femme la veille de son exécution : « Nous sommes six condamnés à mort. Moi, je suis dans les six et je ne suis pas plus coupable que les camarades, mais notre vie est sacrifiée pour les autres ».

 

L'exposition de Lacme ne rentre pas dans la polémique qu'ont suscité les fusillés pour l'exemple (sur le rôle de la hiérarchie par exemple). Toutefois, en lisant les témoignages qui leur sont liés, c'est toute la cruauté de l'époque qui est restituée.

Pour compléter cette exposition itinérante, une conférence de Guy Gozard, érudit de Domérat, et un film documentaire sur Vingré de la journaliste parisienne Caroline Puig-Grenetier.

Autant d'éléments pour nous ramener à l'essentiel de ce qu'a été la Grande Guerre, les hommes, ceux en première ligne… « Nivelle nous a nivelés, Joffre nous a offerts à la guerre ! Et Foch nous a fauchés… Et Pétain nous a pétris… Marchand ne nous a pas marchandés… Mangin nous a mangés ! », chantaient les poilus, en cachette de la censure…

Pratique. Pour contacter Lacme et son président : 06.03.61.56.61.

Stéphanie Ména

 

cf l'article in extenso de Jean-Luc Pamart, in Rêves brisés,

"Les martyrs de Vingré", cliquer ICI


Date de création : 07/03/2014 @ 19:28
Dernière modification : 18/08/2016 @ 14:46
Catégorie : Exposition 2014 - Les Martyrs de Vingré

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