Les 6 fusillés - Un témoin de la scène d'exécution, B. Fournier
Histoire
Benoît Fournier vient d'une famille d'agriculteurs, originaire de la Loire. Il a grandi à Saint-Martin d'Estréaux. Lors que la Guerre a éclaté, il était jardinier à l'Ecole de l'Oratoire, à Caluire. Il habitait avec sa famille sur place, dans une dépendance de l'école. Au début de la Grande Guerre, Benoît Fournier était veuf et remarié, et père de deux enfants, un garçon et une fille. Il avait plus de trente ans. Il a été mobilisé le 3 août. Il est parti pour Saint-Etienne pour rejoindre la caserne Colonel Combe, de Roanne. Il a été par la suite à Vingré et a assisté à l'exécution des cinq fusillés le 3 décembre 1914, épisode qu'il relate dans son journal.
Contribution au nom de
Claude Fournier
Personne 1
Benoît Fournier
Lieu de naissance
Saint-Martin d'Estréaux
Lieu de décès
Lyon
Personne 2
Jeanne et Philippe Fournier
Description sommaire des documents / objets
Quelques pages du journal intime de Benoît Fournier, soldat, chargé du ravitaillement.
- See more at: http://www.europeana1914-1918.fr/fr/contributions/7468#prettyPhoto
Benoît Fournier vient d'une famille d'agriculteurs, originaire de la Loire. Il a grandi à Saint-Martin d'Estréaux. Lors que la Guerre a éclaté, il était jardinier à l'Ecole de l'Oratoire, à Caluire. Il habitait avec sa famille sur place, dans une dépendance de l'école. Au début de la Grande Guerre, Benoît Fournier était veuf et remarié, et père de deux enfants, un garçon et une fille. Il avait plus de trente ans. Il a été mobilisé le 3 août. Il est parti pour Saint-Etienne pour rejoindre la caserne Colonel Combe, de Roanne. Il a été par la suite à Vingré et a assisté à l'exécution des cinq fusillés le 3 décembre 1914, épisode qu'il relate dans son journal. - See more at: http://www.europeana1914-1918.fr/fr/contributions/7468#prettyPhoto

Un témoin de la scène d'exécution du 4 décembre 1914,

Benoît Fournier, 298e RI, commente

"tous comme de concert tournent la tête de l'autre côté"

 

Quelques pages du journal intime de Benoît Fournier, soldat du 298e RI, chargé du ravitaillement, qui assiste à l'exécution des soldats de Vingré le 4 décembre 1914 et nous la relate avec amertume dans un carnet redécouvert par Denis Rolland.

fournier_detph.jpg

Nous avons laissé dans la transcription l'orthographe originelle.

 

fourniermoins3.jpg

septembre 1914

8 et 9

A la pointe du jour l’on voit des lits, des armoires, du linge trainent pelle melle, dehors dans le plus grand désordres. Quelques femmes agées sortent des ruines, n’ayant pas encore abandonner leurs maisons plusieurs péniches sont englouties dans l’Aisne et on en voit que quelques bouts qui émerge sur l’eau. On fait le café, le capitaine nous rassemble avant de nous quitter pour prendre le commandement de la 17ème compagnie en formation. Un gradé de chaque compagnie viens chercher les hommes qui lui reviennent, sauf la 17 et 21 qui avaient été suprimées pour renforcer les autres compagnie et sont reformer avec un détachement du 98ème territorial. Je suis désigné pour la 22ème cie le sous lieutenant Diot qui vient d’être nommé prend le groupe de sa compagnie et nous conduit à une centaine de mètres dans de petits bois – broussaille, ou l’on voit quelques hommes à  travers les branches, quelques un ont les écussons du 298 et d’autres du 228 dont un détachement viens d’arriver d’Evreux il y a deux jours en renfort.

Comme officier il y a le capitaine Livel nouveau venu depuis une dizaine de jours qui commande le Bataillon. Le capitaine Guignot le seul qui reste commande le régiment et passe commandant à la 22e le lieutenant Alex commande avec Diot sous-lieutenant.

Comme sous officier l’adjudant Bocotare, les sergent Niguot,  Micolier,  Delorme,  Deuesse, Michalot, le fourier Ligier

 

fourniermoinsdeux.jpg

 octobre 1914

14 et 15

Pendant ce temps l’ordre viens de mettre sac au dos, et en route pour une attaque, on renverse la soupe et on part sac au dos ceux qui avait été chercher de l’eau de vie on juste le temps de vider leurs seaux dans les bidons de quelques uns, on avait bien assayer de porter la viande par sections à tour de rôles, mais on fut obliger de la laisser dans un petit bois près de Confrécourt.

On traverse le plateau à travers les obus et les balles qui siflent sans arrêt enfin l’on approche de Vingré, on se fait quelques trous pour se garantir des balles, mais l’on a une pelle ou pioche pour plusieurs, pour ma part j’ais une grosse hache qui m’avance guère pour me faire une tranchée il me faut attendre que les autres fassent leurs trous, il y à quelques blessés et tués le capitaine Deschelette est blessé mortellement et enterré à Vingré près de la ferme brulée. Dans la nuit on viens nous remplacer, on descend à deux dans de petits bout de tranchée qui nous servent de logement on reste quelques jours au repos en faisant quelques travaux, un nouvau renfort du 100e territorial viens nous rejoindre.

Le 3 nouvell ordre d’attaques le lieutenant Alex qui commande la compagnie nous rassemble avant le départ et nous donne des ordres, on se mets en route, on arrive dans le petit bois ou on avait laissé la viande le 3, avant de sortir sur le plateau le capitaine Livel commandant

 

fourniermoinsun.jpg

 

novembre 1914

26 et 27

et abritaient moins des obus et des balles.

Souvent le bonhomme était en train de dormir dans son petit abris individuel avec la pluie sur les genoux bien tranquil craque l’abris s’éboule le dormeur se réveille enterrés à moitié, si il se trouvait de faction c’était le sac qui restait à l’abris qui étais enterré dans la terre et la boue et plus d’abris pour se reposer.

Le 12 toute l’escouade va en corvée à l’exeption de Deville, de Jarnasse, qui était indisposé à notre retour il était tué dans la tranchée d’une balle au front.

Un détachement viens en renfort du 101 et 102 territorial des classe 1892 avec quelques uns plus jeunes, avec l’adjudant Delmotte du 98 de Roanne.

En attendant que l’on aille au repos, on leur fait porter des matériaux en ligne et quelqu’uns sont tués ou blessés.

Du 22 au 29 on retourne à Roche au repos ou le dernier renfort nous rejoint, exercice, corvée, douche à la gare de Vic-sur-Aisne et l’on reviens au tranchées à Vingré.

Une section du 5ème bataillon est surprise au moment de la soupe par les allemands qui emmenent quelques prisonniers, les autres se replient et viennent reprendre leurs place comme si il n’y avait rien eu.

Le 3 décembre le lieutenant Diot descend à Vingré pour faire partis du conseil de guerre pour juger les soldats qui ne se sont pas laisser faire prisonnier.

 

temvingr1.jpg

novembre 1914

28 et 29

Le conseil condamne le caporal Floch et les cinq soldats Gray, Pettelet, Quinault, Blanchard et Durantet à la peine de mort pour abandont de poste devant l’ennemie.

En vain, le caporal Floch dit que c’est lui le seul coupable que les hommes l’ont suivis. Ils demandent à faire des patrouilles ou corvées très dangereuses rien n’y fait ils sont tous condamnés. On descend à Vingré en réserve le 3 au soir, comme l’on venait de rentrer au cantonnement vers dix ou onze heures du soir. L’on viens désigner un certains nombre d’hommes pour se tenir prêt en armes avant le jour. Comme l’on avait appercu qu’il y avait eu un conseil de guerre dans la soirée et que la compagnie était de service ce jour là on vit aussitôt que c’était pour une exécution, mais on était loin de penser à six.

Personne ne dort bien, avant le jour on viens nous dire de nous préparer tous en armes également ceux qui ont été désignés sont pris à part et vont chercher les condamnés dans la cave qui leurs servait de prison.

Quand à nous on nous emmène dans un petit champ près de Vingré, avec tout le 6ème bataillon qui est de réserve et des détachements de tous les régiments de la 65ème division.

On se forme en carré sur trois faces la 4ème est réservée pour les 6 poteaux d’exécution, ma compagnie étant de service se trouve en face des 6 poteaux derrière les pelotons d’exécution de douze hommes par condamné. Le colonel Pinoteau qui commande le régiment est la pour assister en chef à cette regretable exécution.

 

 

temvingr2.jpg

novembre 1914

30 et 31

Le colonel Pinoteau qui commande le régiment est la pour assister en chef à cette regretable exécution.

Les condamnés arrive accompagné de l’Aumonier et du peloton d’exécution sous les ordres de l’adjudant Delmotte et vont se placer chacun au poteau qui les attend avec un courage et un sang-froid incroyable et sans honte. Les hommes désignés pour les dégrader et attacher au poteau sont bien plus émus que les condamnés eux-même qui se savent victimes mais innocents, ils s’avance chacun ver un condamné désigné et les enlèvent leurs galons, boutons, un condamné dit à celui qui doit lui arracher ses boutons de capote, tu vas abimer ton couteau avec mes boutons qui sont cousus avec du fil de fer. Ils les attache aux poteaux leur bandent les yeux.

Douze tireurs sont devant chacuns, l’adjudant Delmotte les commande, il lève son sabre les tireurs mettent en joue, il le rabaisse les 72 coups partent comme un seul les six fusillés roulent à terre ou restent suspendus au poteau par les attaches. Un sergent qui a lu leurs condamnations avant  l’exécution, leur tire à chacun un coup de revolver dans l’oreille pour le coup de grace, ensuite l’on nous fait défiler devant les six cadavres pantelants mais tous comme de concert tournent la tête de l’autre côté pour ne pas voir ce spectacle affreux.

 

temvingr3.jpg

novembre 1914

32

Beaucoup d’officiers on les larmes aux yeux, tous les meilleurs la plupart des assistant l’adjudant Delmotte viens aussi les yeux plein de larmes malgré que c’est un soldat de métier, le caporal Héraut nouveau venu viens de tirer son premier coup de fusil sur un Français innocent aussi il en à gros sur le cœur pandant huit jours il ne mange rien.

Tous on est complètement désorientés, et dégouter d’avoir vu un spectacle aussi honteux pour des Français.

Les brancardiers emportent les six cadavres dans les fosses qui leurs ont été préparées tout près de là. Chacun regagne son cantonnement respectif tristement comme un homme ivres.

 

 

 

temvingr0.jpg

https://europeana1914-1918.s3.amazonaws.com/attachments/108418/7468.108418.original.jpg?1386426278

 

 

 

 

Retrouvez l'article "Les martyrs de Vingré, rêves brisés" avec d'autres témoignages ICI.

Retrouvez l’article « Un témoin du peleton d’exécution, JB Grousson » ICI.

 

Histoire
Benoît Fournier vient d'une famille d'agriculteurs, originaire de la Loire. Il a grandi à Saint-Martin d'Estréaux. Lors que la Guerre a éclaté, il était jardinier à l'Ecole de l'Oratoire, à Caluire. Il habitait avec sa famille sur place, dans une dépendance de l'école. Au début de la Grande Guerre, Benoît Fournier était veuf et remarié, et père de deux enfants, un garçon et une fille. Il avait plus de trente ans. Il a été mobilisé le 3 août. Il est parti pour Saint-Etienne pour rejoindre la caserne Colonel Combe, de Roanne. Il a été par la suite à Vingré et a assisté à l'exécution des cinq fusillés le 3 décembre 1914, épisode qu'il relate dans son journal.
Contribution au nom de
Claude Fournier
Personne 1
Benoît Fournier
Lieu de naissance
Saint-Martin d'Estréaux
Lieu de décès
Lyon
Personne 2
Jeanne et Philippe Fournier
Description sommaire des documents / objets
Quelques pages du journal intime de Benoît Fournier, soldat, chargé du ravitaillement.
- See more at: http://www.europeana1914-1918.fr/fr/contributions/7468#prettyPhoto

 


Date de création : 08/11/2014 @ 21:50
Dernière modification : 08/02/2016 @ 10:21
Catégorie : Les 6 fusillés

Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


^ Haut ^