Centenaire - A la mémoire de ces soldats fusillés pour l’exemple

A la mémoire de ces soldats fusillés pour l’exemple

Publié par l'Union le par T. de Lestang Parade, photos JM Champagne

L'union-L'Ardennais

 

Six soldats ont été fusillés pour l’exemple à Nouvron-Vingré en 1914. Le centenaire de l’événement a été commémoré ce samedi lors d’une cérémonie en présence des familles.

 

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Pour cette commémoration du Centenaire, toutes les générations, et les familles, se sont retrouvées

 

Il y a ensemble la descendante de l’un des bourreaux et puis les proches des victimes. Cette scène, discrète et apaisée, s’est déroulée hier à Vingré pour le centenaire d’un drame. Six soldats du 298 ème régiment d’infanterie ont été fusillés pour l’exemple en 1914. Les trois cents personnes présentes sont alors peu nombreuses à percer la force de ce symbole. Il n’est, d’ailleurs, jamais mis en avant lors de la cérémonie.Une façon de s’éloigner de la mise en scène lors de ce rendez-vous organisé par le conseil général, en partenariat avec la commune de Nouvron-Vingré et l’association Soissonnais 14-18.

Claire de Villaret, arrière petite fille du général, qui favorisa l’éxécution, n’a découvert l’existence de ce drame qu’il y a cinq ans à peine. «  Je suis bouleversée et très en colère contre mon arrière grand-père. Je commence à m’apaiser. Aucune des familles ne me rejette » souligne cette petite dame à la peau très pâle et aux yeux embués. Elle a prévu de revenir pour mesurer la douleur liée à la perte brutale d’un être cher, fauché dans sa jeunesse. Les victimes étaient des héros ordinaires, des combattants surtout malchanceux.

Cinq familles des soldats sont venues. Elles sont unies par le sang, une lointaine injustice qui les lie comme un serment. «  C’est la troisième fois que je me déplace. Je ressens à chaque fois de la tristesse » raconte Eliane Gaillat, 76 ans. Son grand-père, Francisque Durantet, est l’un de ceux qui est mort face à ces camarades qui l’ont tué sur ordre. L’émotion est aussi intense en rencontrant Jean-Claude Pettelet, petit-fils de Claude, l’un des six martyrs. «  J’ai toujours vécu avec son souvenir. Au dessus de mon lit d’enfant, j’avais son certificat de réhabilitation ».

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Jean-Luc Pamart, président de Soissonnais 14-18, un conteur érudit sur la tombe Amory, les civils fusillés français de septembre 1914

 

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La tragédie est gravée dans la pierre

Fierté et modestie

En plus des descendants des Poilus sacrifiés , le public a pu apercevoir les proches de Claudius Lafloque, qui avait tout entrepris pour que la justice permette aux fusillés de retrouver leur honneur. «  Je suis fière de mon arrière grand-père et de sa modestie. Il ne parlait jamais ce qu’il avait fait » dit Véronique Ceyssat.

Un combat qui avait associé l’avocat Jean Nicolaÿ. Cette personnalité était aussi notamment représentée par son petit-fils.

C’est l’occasion unique de mesurer l’impact de l’histoire sur des êtres d’aujourd’hui. Les cicatrices ne sont pas guéries. On ne se soigne pas d’une tragédie. Alexandre Descours, un laïque consacré, a passé la nuit à prier dans le dernier refuge des soldats fusillés, une petite cave. «  Je suis saisi par le courage de ces hommes ».

 

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L’émotion de la famille Pettelet sur le site commémoratif du soldat fusillé

 

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Claire de Villaret, arrière-petite fille du général de Villaret concerné par l’exécution

 

Et la vidéo de FR3 Picardie où l'on retrouve quelques prises de vues du 6 décembre 2014

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Date de création : 07/12/2014 @ 14:40
Dernière modification : 07/12/2014 @ 15:47
Catégorie : Centenaire

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