Centenaire - Mgr Giraud célèbrera la messe de Noël dans la carrière de Confrécourt

 Ce mercredi 24 décembre 2014, Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons

célébrera la messe de Noël dans la carrière de Confrécourt,

en pensant aux soldats de 14 qui y ont vécu.

 

Publié le 24/12/2014 dans L'Union

 

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L’évêque de Soissons a eu l’idée de cette messe, dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, il y a un an et demi.

 

L’évêque de Soissons : «On est héritier de cette terre meurtrie»

Il nous en parle.

Mgr Giraud, pourquoi avoir choisi de dire la messe de Noël dans la carrière de Confrécourt plutôt que dans la cathédrale ?

C’était il y a un an et demi que j’ai pensé à cela. L’idée venait du fait que l’année 2014 était à la fois celle du centenaire de la Grande Guerre et des 1700 ans du diocèse de Soissons. On est sûr qu’en 314, il existait déjà. On a fêté le dix-septième centenaire, 2014 aura donc été une année jubilaire. Concernant le centenaire de 1914, j’ai rencontré le responsable, au diocèse des armées, chargé de répertorier les célébrations commémoratives. Il voulait mettre en lumière le rôle joué par les religieux au cours du conflit. Je lui ai dit que nous avions ici une très belle figure d’aumônier en la personne du père Paul Doncœur. Ce jésuite a célébré des messes dans les carrières de Confrécourt. Je célébrerai la messe exactement à l’endroit où il le faisait avant que les soldats n’aillent se faire tuer.

Ils se faisaient bénir avant de partir au combat ?

Tout à fait. Vous verrez, Dans la chapelle qui se trouve à l’intérieur de la grotte, il y a un escalier, à droite de l’autel, qui permettait d’accéder directement aux premières lignes. Le père Doncœur s’est surtout battu pour assurer une sépulture chrétienne aux soldats morts au champ d’honneur. Il était une sorte de présence réconfortante auprès d’eux. Il faut savoir que 6 000 religieux sont tombés pendant la guerre. Lui a été blessé et miraculeusement il n’est pas mort. Mais il a passé une nuit au milieu des corps et s’est finalement relevé. De toute façon, il a toujours voulu être au plus proche des soldats.

Dans cette carrière, le symbole du conflit sera fort…

Vous savez, c’est un symbole de tant d’absurdité, tant de mal. La guerre est présente avec toute son horreur, son désespoir. Mais aussi, elle a suscité énormément de dévouement. On soutenait les soldats sur le front. C’est à la fois l’atrocité et la fraternité. C’est souvent ça la guerre. Cette carrière, c’est aussi un lieu dans lequel on ressent que l’on est les héritiers de cette terre meurtrie. Faire mémoire, c’est construire un avenir plus fraternel.

Vous aurez en tête les fusillés ?

La messe de Noël, c’est d’abord célébrer le prince de la paix, demander à Dieu ce don de la paix. On continue à se battre, par exemple en Irak, en Syrie. C’est au-dessus de nos forces de ne pas se battre. Commençons par nous soigner nous-mêmes, c’est notre cœur qui est malade.

Vous pensez que la guerre est en nous ?

Oui il y a une certaine guerre. Aujourd’hui, on tue par des mots, je le vois sur Twitter, les mots tuent. Il faut aussi résister.

Les Axonais portent ce passé guerrier ?

Oui, quand on va au Chemin des Dames, par exemple, on voit bien que c’est un lieu marqué. D’où l’importance de célébrer cette messe non pas dans une cathédrale mais dans une creute, une grotte… un lieu marqué par la souffrance et en même temps par la fraternité.

C’est un lieu qui fait penser à la naissance de Jésus ?

Tout à fait. Il est né dans une grotte et il est né la nuit. La guerre est une nuit avec l’espérance pour demain. Une paix est possible. Le message c’est vraiment cela : au cœur de la nuit, l’espérance d’un jour nouveau.

Vous attendez beaucoup de monde ?

De toute façon, il n’y a pas beaucoup de place, c’est assez petit. Mais chacun est le bienvenu. Ce sera tout simple. Ce qu’on voudrait, c’est entendre le silence que nos soldats n’ont pas eu. Qu’il n’y ait plus le bruit des armes.

Justement, que vous inspire le présent, les conflits actuels ?

Il faut un sursaut de la culture de paix. La paix, ça se cultive, comme un terrain. C’est ce que je souhaite, en demandant à Dieu de cultiver cette paix pour nous. D’une certaine manière, c’est lui qui cultive notre conscience. Après, il y a tout le rôle des écoles, parents, l’éducation civique… Le ministre a commencé à parler d’une morale laïque, ça veut bien dire que ça existe. Nous, en France, on tue par l’irrespect, le manque de dialogue. L’écoute, le dialogue, rendent possible la paix. C’est ce qu’a dit le pape. Il prêche le dialogue. C’est notre rôle à nous, les religieux, de rendre possible le dialogue.

Mais on se bat encore au nom de la religion ?

Moi je pense que ceux qui instaurent le conflit au nom de la religion ne sont pas des religieux. Justement, c’est pour cela que Noël, c’est important. C’est la fête du prince de la paix. C’est un homme qui cherche le lieu de la paix. Ceux qui disent autre chose sont des faux religieux.

Messe à 20 heures, dans la chapelle de la carrière de Confrécourt, sur le territoire de la commune de Nouvron-Vingré.

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Date de création : 25/12/2014 @ 22:14
Dernière modification : 25/12/2014 @ 22:19
Catégorie : Centenaire

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