Mémoire - Les restes de 20 soldats retrouvés

Les restes de 20 soldats de la Grande Guerre retrouvés

 

Article de presse du 14 mai 1999


Quatre-vingt-cinq ans après avoir été tués lors des violents combats de Confrécourt, dans les derniers jours de septembre 1914, quelques soldats français ont enfin été inhumés dans une sépulture décente, au cimetière militaire d'Ambleny. Leurs restes, découverts récemment  lors d'un camp scout, ont été exhumés par les responsables de l'association "Soissonnais 14-18", après la fouille minutieuse d'une fosse, sur le territoire de la commune de Fontenoy.

A quelques jours d'intervalle, les membres de Soissonnais 14-18 ont mis à jour neuf corps de soldats français, sur la commune de Moulin-sous-Touvent, dans le canton d'Attichy, dans l'Oise. Des soldats du 278e R.I., portés disparus le 20 septembre 1914 et dont quatre ont été identifiés grâce à leur plaque. La seconde exhumation a été effectuée sur Fontenoy, où l'on a retrouvé les restes de onze soldats certainement disparus au cours des combats du 13 au 20 septembre 1914, alors que les  Français s'accrochaient avec courage au rebord du plateau, et près de la vieille ferme de Confrécourt. Ces ossements et un important petit matériel ont été retrouvés dans une petite fosse de six mètres de long et d'une faible profondeur de 1,20 mètres. Des éléments qui, selon les responsables de Soissonnais 14-18, semblent prouver qu'il s'agit bien d'un ensevelissement sommaire, semblable à ceux décrits dans le journal de marche du groupe des brancardiers divisionnaires, présents sur le site en septembre-octobre 1914.

De nombreux objets avec les ossements

C'est avec une très grande minutie et une rigueur exemplaire que cette exhumation a été menée à bien. C'est aussi avec une dignité certaine, excluant toute publicité, que les ossements ont été sortis de terre, alors que l'émotion étreignait les membres de Soissonnais 14-18, lorsqu'il s'agissait de sortir des profondeurs des objets personnels. Des fourchettes, des couteaux, un peigne ou un briquet, des boutons de capote ou de pantalon, un porte-monnaie avec des pièces, ou encore un crayon qui avait dû être utilisé pour écrire la dernière lettre à l'épouse ou aux parents. Deux corps portaient toujours leur plaque (Denis (?)oitier, de Montluçon, et Charles Quinson de Privas), ce qui a permis leur identification.

Enterrés à la hâte, de nuit

Pour Jean-Luc Pamart et Hervé Vatel qui ont mené à bien ces exhumations avec les membres de l'association, les éléments recueillis, notamment les restes d'uniforme (pantalon garance, capote gis de fer bleuté, guêtres, brodequins sans rivet...) prouvent qu'il s'agit de soldats appartenant à la 63e D.R. et tués au début de la guerre. La présence de larves séchées dans les restes de vêtements, laisse à penser que les hommes, tués lors des violents combats qui durèrent plusieurs jours, sont restés sur le terrain pendant environ trois semaines, avant d'être inhumés en toute hâte, et de nuit, comme le raconte Emile Clermont dans la quatrième partie du Passage de l'Aisne : "Des corvées spéciales étaient chargées d'enterrer, de nuit, les morts qui encombraient la surface du sol. On faisait de larges fosses où on en couchait plusieurs. Le plus souvent, la funèbre besogne était accomplie par des soldats qui laissaient aux morts leur plaque d'identité, à cause de la difficulté qu'il y avait à les enlever, sur des cadavres anciens et déjà décomposés..." Ces conclusions semblent être confirmées par  un plan sommaire de l'emplacement de nombreuses fosses, creusées en octobre 1914, et correspondant au site où viennent d'être retrouvés les restes des onze corps. Des fosses qui n'ont peut-être pas été repérées après la guerre et où reposent encore d'autre soldats ?

Avec le concours des brigades de gendarmerie d'Attichy et de Vic-sur-Aisne, des services du ministère des Anciens Combattants, de l'association des Anciens Combattants d'Attichy et de la communauté Saint-Jean d'Attichy, les corps retrouvés à Moulin-sous-Touvent ont été inhumés au cimetière militaire de Tracy-le-Mont, alors que ceux retrouvés à Fontenoy, ont été enterrés, avec leurs objets, à la nécropole nationale du Bois Robert, à Ambleny. Ainsi, leurs familles de Guéret, Saintes, Privas, Montluçon... pourront-elles enfin venir se recueillir sur la tombe du père ou du grand-père, porté disparu il y a quatre-vingt-cinq ans.

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Retrouvez notre article complémentaire "Des archives avec vues locales - L'hécatombe des premiers mois
de guerre 1914 sur le plateau de Confrécourt" en cliquant ICI.

 

 


Date de création : 02/01/2015 @ 18:56
Dernière modification : 07/01/2015 @ 16:41
Catégorie : Mémoire

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