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Cérémonie 6 décembre 2014 - Hommage
aux 6 fusillés de Vingré - Partie Claire de Villaret

Cérémonie 6 décembre 2014 - Fusillés de Vingré 4 décembre 1914

Le 6 décembre 2014

à Vingré à 10h30

a eu lieu la cérémonie pour

les Fusillés pour l’exemple avec l'inauguration d’une plaque

1 siècle après le drame du 4 décembre 1914.

 

 

Ce jour de commémoration fut aussi le moment de confluence choisi par Claire de Villaret

pour venir à la rencontre des familles et des lieux

d'un passé qui ne passe pas bien

et qu'elle venait de découvrir.

 

 

Jeudi 4 décembre 2014, Isabelle découvrait sur le site Internet, dans les réactions aux articles une impressionnante demande:

 

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Aussitôt informés, Jean-Luc Pamart et Denis Rolland, téléphone en main, purent confirmer à l'arrière-petite fille du général Etienne de Villaret, Claire de Villaret, que sous 2 jours elle serait la bienvenue aux cérémonies de Vingré.

Les coulisses d'une préparation de cérémonie, c'est parfois aussi ces moments-là que vivent les membres de Soissonnais 14-18, moments d'enrichissement mutuel qui bien certainement sont un des facteurs de notre force associative!

 

Dans L'Echo du plateau N° 85 de janvier 2015

nous vous avons proposé le texte qu'elle nous a offert; une leçon d'humanité:

 

extraitechoclaire.jpg

 

C'est au retour d'un voyage avec mes petits-enfants il y a cinq ans que j'apprenais par mon fils ainé l'affaire des Fusillés de Vingré. Une fois les enfants partis je me suis précipitée sur Internet et ai découvert l'histoire des fusillés de Vingré. Une grande colère m'envahit. Ni moi, ni mes frères n'étions au courant. J'avais pourtant bien connu sa femme, mon arrière-grand-mère, décédée quand j'avais 12 ans, et ma grand-mère (sa fille). Et puis mon père. Son portrait siège dans le "grand salon" de la maison natale où il naquit. C'était pour nous une icône. Plus personne pour nous renseigner..., seulement les faits racontés sur Wikipédia et d'autres sites. L'horreur totale et plus personne à qui en parler. Mon fils me dit à ce moment-là : « Maman ce serait bien que l'on rencontre les familles ». C'était pour moi chose totalement impossible. Pour dire quoi ??? Depuis ce temps, je me suis rendue à Vincennes pour essayer de trouver quelque chose de lui faisant allusion à cette période. Je découvris que ces pauvres gars avaient été réhabilités en 1921. Mince consolation. J'ai essayé de trouver des mots de compassion de sa part dans les archives mais rien à ce jour.

Dans son agenda de 1914 à la date du 4 décembre Etienne notait: «Les condamnés sont morts courageusement». Le 2 décembre il écrit à sa femme Madeleine : «J'ai eu quelques soucis, dus aux côtés désagréables de mon caractère, et surtout à beaucoup de ténacité mêlée d'une dureté nécessaire, qui me fait intérieurement saigner le cœur».

Et puis en cette année du Centenaire, je décidais "enfin" de mettre le nez dans les archives familiales qui se trouvent toutes dans le Lot à Saint-Laurent-Lolmie où Etienne de Villaret naquit ainsi que son frère Antoine, général lui aussi et fait prisonnier le 24 Août 1914 à Tournai lors d'un violent combat. On ne parlait jamais d'Antoine mais toujours d'Etienne, du reste chaque génération a son Etienne !

J'ai eu la surprise de tomber sur le journal de captivité d'Antoine, pièce unique avec le récit jour après jour depuis le premier jour de la mobilisation, le 1er août. Rien sur Internet à propos d'Antoine... Mais par hasard en essayant de trouver quelque chose je tombe sur le blog de Tournai et y laisse un mot...A partir de ce moment-là, j'entreprends une correspondance avec Charles Deligne, conservateur du musée militaire et Serge Tranchant. Je scanne un grand nombre de pages et leur envoie. Le récit de la bataille d'Antoine est poignant. Je décidais donc de me rendre à Tournai pour le Centenaire de cette bataille. Des familles des territoriaux vendéens se trouvaient là. Journée pleine d'émotion.

Je supposais bien qu'il y aurait une commémoration pour le Centenaire des fusillés de Vingré. Je me rendis donc sur Internet à nouveau et découvris le site de Soissonnais 14-18. Mais je savais qu'en commençant ces recherches, le chemin pour Vingré m’appelait, me mettait en marche... Mais mon cœur était bien lourd. Il fallait que j'y aille. Je n'avais aucune idée comment les choses allaient se dérouler. Je pris un hôtel à Soissons et visitai la très belle exposition sur le Centenaire à l'Arsenal.

De suite, je vis Jean-Luc Pamart que j'avais vu maintes fois sur des vidéos et qui me donnaient envie d'être sur place. Son accueil m'a ému. Il me présenta à Denis Rolland auteur du livre Les fusillés de Vingré. Je fis également la connaissance du général Bach et puis de deux familles. Les choses se sont faites naturellement. La famille Blanchard et la famille Gay que j'ai retrouvées le lendemain au monument. Nous avons parlé et rien de leur côté, pas de haine, ni de revanche. La journée du lendemain fut très chargée et il m'était difficile de contenir mes larmes. Jean-Luc Pamart nous fit visiter le petit village de Vingré avec les familles. Les portraits de chaque fusillé sont éparpillés sur les murs des maisons. A côté de chaque photo un mot, leur dernier mot. Le lieu où ils ont passé leur dernière nuit avec l'aumônier. Nous étions en 1914.

Pendant la cérémonie, face au monument, je ne pouvais m'empêcher de penser à Villaret qui avait parcouru ces terres. Il faisait un soleil radieux. Je pense avoir mis des mots sur ces faits. Si je ne comprends toujours pas que l'on puisse ainsi obéir à des ordres aussi stupides je commence à m'apaiser. On ne refait pas l'histoire.

Il me reste maintenant à revenir avec des membres de ma famille... Là encore c'est une autre histoire. Mais je sais que j'emmènerai mes fils et petits-enfants au printemps prochain j'espère. Je remercie tous les membres de l'association de m'avoir ainsi accueillie.

 Claire de Villaret, le 13 décembre 2014

 

Clairedevillaret6dec14.jpg

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"Dans la famille c'était un héros, témoigne Claire, émue. Je n'ai appris les faits qu'il y a sept ans..."

Deux généraux lotois au cœur de la Grande Guerre

  Publié le 10/08/2014 par Liliane Haussy

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Ils étaient frères et généraux. Originaires de Saint-Laurent-Lolmie, près de Montcuq, Etienne et Antoine de Villaret ont marqué la première guerre mondiale. Claire de Villaret s'est replongée dans les archives familiales. Un étonnant récit.

C'est dans la demeure familiale, à Saint-Laurent-Lolmie, que Claire de Villaret conserve l'intégralité des archives laissées par plusieurs générations depuis le XIIIe siècle. Documents officiels, correspondances, tenues militaires et équestres, objets personnels, médailles, portraits, remplissent les coffres et les armoires de l'ancienne bâtisse. Descendante des généraux Etienne et Antoine de Villaret, elle relit jour après jour les nombreux écrits de ses deux illustres aïeuls. Issu d'une très ancienne lignée, Etienne de Villaret est né à Saint-Laurent-Lolmie en 1854. La carrière de ce brillant érudit se déroule de promotions en postes de commandement. En août 1914 on lui confie la 14e division d'infanterie, puis après les offensives menées dans la Somme et dans la Marne, il est promu général de division en novembre, à la tête du 7e corps d'armée. C'est le 4 décembre qu'il fait fusiller six soldats pour l'exemple, à Vingré (voir encadré). «Dans la famille c'était un héros, témoigne Claire, émue. Je n'ai appris les faits qu'il y a sept ans, par mon propre fils. J'ai été très choquée et peinée, et je l'ai très sévèrement jugé. Depuis, je cherche toujours à comprendre». «Les condamnés sont morts courageusement», note Etienne le matin du 4 décembre dans son carnet. Le 2 décembre il écrit à sa femme Madeleine : «J'ai eu quelques soucis, dus aux côtés désagréables de mon caractère, et surtout à beaucoup de ténacité mêlée d'une dureté nécessaire, qui me fait intérieurement saigner le cœur».

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Le message de Joffre

En 1915, après une grave blessure en première ligne par une balle en plein front, il devient chef de la 7e armée. Sa carrière prend fin en décembre 1916 où il est élevé au rang de grand officier de la Légion d'honneur. Dans une lettre Joffre loue «ses qualités militaires» et lui exprime «ses remerciements reconnaissants». Mort en 1931, il repose en terre natale auprès de ses parents et de son frère. Ce frère, Antoine (1852-1926), participe au conflit dès le 2 août 1914. Il prend le commandement des régiments des Territoriaux de Vendée qui vont s'illustrer par leur héroïsme lors de la bataille de Tournai, en Belgique, le 24 août. Antoine sera fait prisonnier à Torgau, en Prusse, jusqu'au 7 octobre 1917. «J'ai retrouvé son journal de captivité, et le récit de la bataille heure par heure, raconte son arrière-petite-nièce. C'était un homme positif, profondément humain, qui pensait avant tout à ses hommes». Ce journal sera envoyé à Tournai et servira à la rédaction d'un livre, «Tournai, 24 août 1914». Claire de Villaret assistera le 24 août prochain à la commémoration de cette sanglante bataille.

 

RETROUVEZ L'ARTICLE présentant les dons de la descendante du général de Villaret ICI.

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Date de création : 07/02/2015 @ 10:10
Dernière modification : 01/08/2016 @ 11:12
Catégorie : Cérémonie 6 décembre 2014

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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par Claire le 07/02/2015 @ 14:29

Bonjour Isabelle,
Merci chère Isabelle de ces gentils mots. Je suis toujours bien remuée chaque fois que l'on évoque cette terrible affaire, même si le fait de vous avoir rencontrée et de pouvoir échanger avec vous m'est d'un grand réconfort. Je mets en place ma venue avec quelques membres de la famille au printemps prochain et bien sûr vous rencontrerai avec joie. J'attends Denis Rolland en mars dans le Lot.Toutes mes amitiés.

Claire

Réaction n°1 

par webmastrice le 07/02/2015 @ 11:15

Merci Claire (oui, nous avons laissé le distancié Mme de Villaret derrière nous) de ces échanges épistolaires nourris qui, depuis ce 4 décembre 2014, nous permettent une mise en perspective pour nos lecteurs.

A très bientôt sur les sites en compagnie de votre famille: ces 8-9-10 mai 2015, où vous viendrez en groupe familial, seront pour chacun un moment de (re)découverte des lieux traversés par l'histoire en 1914 et 1915. Denis Rolland et Jean-Luc Pamart vous accueilleront pour suivre les pas d''Etienne de Villaret à Confrécourt, Vingré, Fontenoy, Ambleny et Coeuvres notamment.



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