Les 6 fusillés - Le 1er retour des familles réunies - 1999

Le 1er RETOUR DES FAMILLES REUNIES les 17 et 18 avril 1999

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Le 4 décembre 1997, Mme Guillalot (belle-fille de Jean Blanchard)

frappe à la porte du bureau de Confrécourt.

 

Ils sont 4. Son mari, Monsieur et Madame Bouiller, responsable du musée d’Ambierle.

«Je suis la descendante de Jean Blanchard».

 

Nous  tombons dans les bras l’un de l’autre. Nous étions bouleversés,

raconte Jean-Luc Pamart, comme si c'était hier,

lors de la réalisation de cet article en février 2016.

Le 4 décembre 1997... dans une fusion avec le 4 décembre 1914.

Il poursuit son récit.

 

D’un seul coup,  j’avais un lien avec les familles. Les descendants Floch, sont retrouvés! Monsieur  Bouiller retrouve les 4 autres familles.

D’un seul coup les 6 visages apparaissent.

 

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D'un seul coup, les 6 lettres apparaissent.

 

Dès lors la cérémonie avec toutes les familles réunies a été imaginée et organisée, ainsi que l’aménagement du village pour honorer la mémoire des fusillés:

les 17 et 18 avril 1999, pour la première fois  les 6 familles sont ensemble à Vingré.

 

Elles reviendront en 2004 pour la pose de la plaque du département de l’Aisne.

Elles reviendront en 2014 pour le Centenaire et la pose d'une plaque

de l'association Soissonnais 14-18.

 

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Lettre de remerciements de Mme Guillalot  postée le 2 août 1999:

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Cher monsieur Pamart,

 

Comme le temps passe vite 17 et 18 avril, journées émouvantes, comment vous remercier vous et votre équipe, il n’y a pas de mots.

Bouleversé, nous l’étions tous, le travail de nettoyage, rénovation et aussi préparation de notre venue vous a pris du temps et du souci.

Merci pour votre ardeur à l’hommage des fusillés de Vingré. Je voudrais aussi remercier toutes les autorités civiles et militaires, ils nous ont témoigné présence et réconfort.

Nos martyrs ne sont pas oubliés que les habitants de Vingré et sa région soient remerciés de leur accueil, nous ne l’oublierons pas.

Quelques photos suivent cette lettre avec l’abonnement et livre pour ne pas perdre de vue le Soissonnais. J’ai eu monsieur Jean Xavier Delestre au téléphone, nous avons parlementé longuement et par vous l’histoire continue, nous allons nous recontacter en septembre, il voudrait peut-être venir à Ambierle et voir ce qu’il pourrait faire pour une émission sur FR3 : « Les dossiers de l’histoire de Bertrand Tavernier »  ; mais vous êtes au courant… 

Cher Monsieur, acceptez de la part de mon mari et moi-même notre reconnaissance.

Mes amitiés à votre épouse, j’ai été très heureuse de parler avec elle lors de nos visites.

Ici 6 vidéos enfin transférées de nos archives VHS en numérique...

Voici la 1ère vidéo convertie > l'accueil des familles sur sites:

 

 

Voici la 2ème vidéo convertie > l'hommage officiel rendu par M. le Maire de Nouvron-Vingré, M. Wargnier:

 

Voici la 3ème vidéo convertie > la lectures des lettres, celle de Floch, par Mme David:

 

 

 

 

Voici la 4ème vidéo convertie > les lectures des lettres, celle de Blanchard par MmeThérèse Guillalot:

 

 

 

Voici la 5ème vidéo convertie > la lecture du récit établi par un témoin de l'exécution appartenant au 298è RI :

 

 

Voici la 6ème vidéo convertie > la sonnerie aux morts:

 

 

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Lisez la presse unanime en 1999

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FUSILLES POUR L’EXEMPLE

Nouvron-Vingré, le 20 avril 1999, dans L'Aisne-Nouvelle

 

Il y a 84 ans, six soldats tombaient sous les balles de leurs camarades

Samedi à Nouvron-Vingré pour la première fois, les familles des six martyrs fusillés pour l’exemple se sont-elles retrouvées unies sur les lieux-même du drame qui a eu lieu il y a 84 ans.

 

 

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Il y a 84 ans, six soldats tombaient sous les balles de leurs camarades

Les familles réunies dans l’émotion

L’Histoire est le ferment qui scelle nos souvenirs dans notre mémoire ; elle est aussi le ferment de notre réflexion sur notre présent et notre avenir. Ainsi, samedi à Nouvron-Vingré pour la première fois, les familles des six martyrs fusillés pour l’exemple se sont-elles retrouvées unies sur les lieux-même du drame qui a eu lieu il y a 84 ans. À l’initiative de l’association « Soissonnais 14-18 » et de la municipalité de Nouvron-Vingré, les proches et petits-enfants des six fusillés, venus d’Alsace et de Loire, ont pu découvrir, avec une intense émotion, toute l’horreur qu’on vécue le caporal Floch, les soldats Quinault, Blanchart, Durantet, Pettelet et Gay.

Pourtant, ces braves du 298e RI, originaires du Roannais, du Bourbonnais et de Normandie, avaient prouvé leur patriotisme. Ils avaient combattu avec courage pour repousser l’ennemi. Hélas, au soir du 27 novembre 1914, leur escouade dut se replier momentanément sous un assaut de l’ennemi et sur ordre de leur commandement. L’état-major n’accepta pas ce qu’il considéra aveuglément comme une lâcheté. Le conseil de guerre condamna à mort 24 soldats pour finalement n’en fusiller que six –pour l’exemple ! – après tirage au sort. Les six braves martyrs tombèrent sous les balles de leurs propres frères de combat au matin du 4 décembre et le régiment dut défiler devant leurs cadavres. Après la guerre, les familles et amis durent se battre pour obtenir l’annulation du jugement de cette cour martiale le 18 février 1921 et la réhabilitation des six fusillés. Et une stèle fut inaugurée en leur mémoire le 5 avril 1925 à Vingré.

Samedi après-midi, les quelques cinquante membres des familles et amis ont pu visiter les carrières de Confrécourt et le village de Vingré où ont combattu les six fusillés. Mais ils ont surtout découvert que ce village n’avait pas oublié le drame ; que ces plaques, portant le nom de chaque fusillé, rappelaient à jamais leur martyre. Ils ont aussi connu un intense moment d’émotion en descendant dans la petite cave où les six condamnés passèrent leur dernière nuit en écrivant une ultime lettre à celles et ceux qu’ils allaient quitter.

Émotion poignante encore lors de la cérémonie qui suivit devant la stèle ! Après que Jean-Luc Pamart, président de « Soissonnais 14-18 » et Michel Wargnier eurent rappelé les conditions tragiques dans lesquelles se déroula l’exécution, deux de ces lettres, écrites par les condamnés, furent lues. Et bien des personnes ne purent retenir leurs larmes en pensant au calvaire de ces malheureux innocents mais aussi à celui vécu par leurs familles qui durent ensuite affronter la haine de leurs voisins parce que le père, le fils ou le frère était considéré comme un lâche.

Après avoir rendu hommage aux six fusillés pour l’exemple de Vingré, Raymond Guehenneux, conseiller général et Jacques Desallangre, député, ont puisé dans cet exemple d’injustice et d’horreur «  le dégoût qu’il faut avoir pour la guerre » et ont lancé « un appel à la paix ». Une paix que connaissent les six fusillés qui, comme Jean Blanchart et Francisque Durantet, dorment côte à côte dans le petit cimetière d’Ambierle, leur village natal près de Roanne.

 

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Fusillés pour l’exemple à Vingré :

les familles des six martyrs enfin réunies le 18 avril 1999

 

L’Union, 20/04/1999

 

Dans le Soissonnais, émotion intense, samedi après-midi dans le hameau de Vingré (commune de Nouvron-Vingré) où une cérémonie du souvenir honorait la mémoire de six soldats du 298e régiment d’infanterie fusillés – pour l’exemple – le 4 décembre 1914.

C’était la première fois en effet, depuis 84 ans, que les familles de ces martyrs se trouvaient réunies sur les lieux d’un des drames de la Première Guerre mondiale. Lors de l’inauguration de la stèle commémorative, le 5 avril 1925, toutes n’avaient pu être présentes dans le petit village où leurs parents étaient tombés sous les balles de leurs propres camarades.

Ils avaient été injustement accusés de lâcheté devant l’ennemi pour avoir reculé… sur ordre de leur officier, lors d’un assaut. Vingt-quatre hommes de la 19e compagnie du 298e RI furent condamnés à mort par le conseil de guerre. Et comme il fallait montrer aux combattants qu’ils devaient obéir aveuglément , leur redonner du courage, faire un exemple, le commandement fit fusiller six soldats tirés au sort parmi les condamnés, au petit matin du 4 décembre 14, devant des centaines d’hommes du régiment obligés ensuite de défiler devant les six corps.

Beaucoup de ceux-ci furent révoltés et se jurèrent de réagir lorsque la guerre serait finie. Grâce au combat, mené par les familles et des associations, les six martyrs furent réhabilités en 1921 et un monument érigé sur les lieux mêmes de la tragédie.

La venue à Vingré d’une cinquantaine de parents et amis des familles fut cette fois un véritable pèlerinage.

 

 

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Nouvron-Vingré : les familles des six fusillés réhabilitées

A Nouvron-Vingré, une cérémonie du souvenir s’est déroulée le 18 avril1999 au hameau de Vingré  où six soldats du 298e RI furent fusillés pour l’exemple le 4 décembre 1914

 

L'Union, 20 avril 1999

Pour la première fois depuis quatre-vingt-quatre ans, les familles des six martyrs se retrouvaient ensemble sur les lieux du drame. Les descendants et notamment plusieurs petits-enfants de six fusillés ainsi que plusieurs amis venus d’Alsace et du Centre de la France, ont tout d’abord pu se rencontrer et partager leurs souvenirs. Mais ils ont, surtout, découvert que le village où leurs parents ont été injustement tués, par les balles de leurs propres camarades continue à honorer leur mémoire. Mais comment pourrait-on oublier ?

Imaginons que ces braves combattants qui ont repoussé l’ennemi aux premières heures de la guerre, qui l’ont obligé à reculer au prix de durs combats et de nombreuses pertes. Ces braves du 298e méritaient tous les honneurs. Ils étaient d’une grande loyauté envers leurs chefs, envers leur patrie qu’ils étaient venus défendre en laissant leur femme, leurs enfants au loin dans leur Normandie natale, leur Roannais ou leur Bourbonnais. Et tout à coup, leurs chefs, pour masquer leurs erreurs tactiques ou leurs mépris de la vie humaine, les ont trahis. Accusés injustement de lâcheté devant l’ennemi parce que, pourtant sur ordre de leur officier, ils avaient reculé lors d’un assaut, pour mieux reprendre ensuite le contrôle de la zone, vingt-quatre homme de la 19e compagnie du 298e RI furent condamnés à mort par le conseil de guerre. Il fallait faire un exemple. Finalement, le commandant décide de tirer au sort six hommes, parmi les condamnés et les fit fusiller au petit matin du 4 décembre.

 

Assassinés en martyrs

Le caporal Henri Floch, les soldats Jean Blanchard, Francisque Durantet, Pierre Gay, Claude Pettelet et Jean Quinault, furent assassinés par soixante-douze fusils français devant des centaines d’hommes du régiment. Beaucoup de ceux-ci furent révoltés. Grâce au combat mené par les familles et des associations, les six martyrs furent réhabilités en 1921 et un monument fut érigé et inauguré sur les lieux-même du drame le 5 avril 1925.

Il y a deux ans, à l’occasion de la visite de la nièce du caporal Floch, les habitants de notre région avaient découvert un autre aspect de ce drame des fusillés pour l’exemple de Vingré : celui du calvaire subi par les épouses, les parents et enfants des martyrs dans leurs propres villages. Tous étaient considérés comme étant de la famille d’un lâche, d’un traître à la patrie. Tous étaient livrés à la vindicte publique.

 

Emotion

Mais, samedi après-midi, ces familles ont été, elles aussi réhabilitées par toutes les personnes qui les ont accueillies. En quelques semaines, autour de l’association « Soissonnais 14-18 », présidée par Jean-Luc Pamart, tout le village de Nouvron-Vingré s’est mobilisé par cette visite et cette cérémonie. Une cinquantaine de parents et amis des familles ont, tout d’abord, visité les carrières de Confrécourt, admiré le Lion de Belfort, avant de découvrir les différents lieux des combats de décembre 14. Puis, tous ont parcouru en un véritable pèlerinage le hameau de Vingré, pour s’arrêter devant chaque plaque apposée sur les maisons portant le nom d’un martyr. Moments de grande émotion, mais pas aussi intense que lorsqu’on descendit dans la minuscule cave où les six condamnés passèrent leur dernière nuit, où ils écrivirent leurs dernière lettre à l’être cher qu’ils aimaient et qu’ils allaient devoir quitter, à cette épouse, à laquelle ils demandaient pardon de la laisser dans la peine, tout en se déclarant innocent, à cette épouse à laquelle ils demandaient parfois de refaire sa vie pour être heureux… Et c’est dans un silence religieux que deux de ces lettres furent lues devant la stèle lors de la cérémonie qui suivit.

 

 

 

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Hommage aux martyrs

Cérémonie au monument des fusillés

L'Union, 12 décembre 1999

 

Après l’émouvante cérémonie du 11 novembre dernier au monument des fusillés de la commune de Vingré, un nouvel hommage vient d’être rendu aux six martyres qui furent fusillés pour l’exemple le 4 décembre 1914.

Cette fois-ci, ce sont les officiers de réserve de la région de Compiègne qui sont venus s’incliner devant le monument à l’occasion de leur assemblée générale.

Samedi soir, après avoir visité les carrières de Confrécourt, les officiers emmenés par leur président, le colonel d’Evry se sont rassemblés devant la stèle à la lueur des torches et en présence du colonel Rousselet, chef de l’état-major de l’école d’État-Major de Compiègne et du lieutenant-colonel Tavernier, chef de corps du 2e Dragons de Couvron.

On notait également la présence de Monsieur Guehenneux, conseiller général et maire de Vic-sur-Aisne, de Monsieur Wargnier, maire de Nouvron-Vingré, et surtout des membres de la famille du caporal Floch, l’un des fusillés.

Madame Barthélémy et ses proches étaient venus spécialement d’Alsace pour honorer de leur présence cette cérémonie.

Après un bref historique des évènements, le colonel d’Evry lut la lettre que le caporal Floch écrivit à sa femme avant de mourir innocent.

Et après que des gerbes eurent été déposées, le colonel d’Evry fit l’appel des « Morts pour la France », véritable hommage d’officiers à ces six soldats qui payèrent injustement de leur vie une tragique erreur de l’état-major de l’époque.

 

 

Retrouver les reportages autour des familles revenues en 2014 en cliquant ICI.

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Merci M. et Mme Gabriel Guillalot, M. et Mme Pettelet, M. et Mme Durantet Abel, M. et Mme David, M. et Mme Renée Debord, Mme Claudette Lempereur-Durantet, Mme Laffargue Geneviève, Mme Noël Lempereur, Mme Marthe Ratinier, M. et Mme Hadjadj, revenus en décembre 2014..

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Retrouvez nos autres articles sur le sujet des hommages depuis 1999:

Claudius Lafloque ne sera plus un illustre inconnu ICI.

 

Hommage à Claudius Lafloque le 30 janvier 2016 à Vichy ICI.

 

Hommage aux fusillés de Vingré
le 14 juillet 2016 à Vichy, dévoilement d'une plaque toponymique ICI.
 
Hommage aux fusillés de Vingré après la cérémonie du 14 juillet 2016 à Vichy ICI.
 
 A Vichy, la rue de Vingré évoque par son nom un évènement tragique ICI.
 

Hommage à Claudius Lafloque, le sauveur des fusillés de Vingré ICI.

 

Claudius Lafloque, le héros très discret des martyrs de Vingré  ICI.

 

Un Vichyssois réhabilite les fusillés ICI.

 

Archives cérémonie du Centenaire avec les familles des fusillés en 2014 ICI.

 

Justice rendue pour le caporal Paul-Henri Floch ICI.

 

«Le Caporal Floch, fusillé le 4 décembre 1914 à Vingré,

honoré le 13 octobre 2016 à Breteuil-sur-Iton» ICI.

 

 


Date de création : 29/01/2016 @ 15:27
Dernière modification : 17/10/2016 @ 14:14
Catégorie : Les 6 fusillés

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