Fusillés - Hommage: le caporal Floch attend toujours sa rue

Hommage : le caporal Henri Floch attend toujours sa rue

Le Réveil

Publié Raphaël Hudry

 


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Deux associations demandent que le soldat né à Breteuil-sur-Iton et fusillé pour l'exemple par l'armée française ait une rue à son nom. Pour l'instant, c'est au point mort.

 

Un combat qui dure depuis presque 4 ans. Le 11 novembre 2012, les associations Libre Pensée et la Ligue des droits de l’Homme prononçaient un discours au monument aux Morts de Breteuil-sur-Iton, lors de la cérémonie de l’Armistice. Elles avaient un but très précis, « qu’un vrai travail de vérité et de reconnaissance soit entrepris » concernant les 639 soldats français fusillés injustement pour l’exemple par leur propre armée durant la Première guerre Mondiale.

Pris au piège

Voulant affirmer son autorité et éviter les désertions, l’Etat Major avait instauré des Conseils de guerre spéciaux dès septembre 1914. Leur but, conserver l’obéissance des soldats. « Ce sont des individus pris au piège par le système militaire, explique Jean Jayer, secrétaire de la Libre Pensée. Il n’y avait pas de repli possible, sinon ils étaient jugés rapidement et fusillés le lendemain. »

L’un d’eux est un Bretolien, le caporal Henri Floch, nommé greffier de la justice de paix de la commune en 1911 et qui faisait partie du 298e régiment d’infanterie. Le 27 novembre 1914, surpris, avec d’autres soldats français, par une attaque allemande, il fut fait prisonnier.

« J’ai profité d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands, raconte-t-il dans une dernière lettre écrite à sa femme. J’ai suivi mes camarades et ensuite, j’ai été accusé d’abandon de poste en présence de l’ennemi. [...] Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais resté prisonnier, j’aurais encore la vie sauve. »

Il fut en effet fusillé le 4 décembre 1914 avec 6 autres de ses camarades qui s’étaient repliés face au danger.

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La lutte des différentes associations avait déjà permis d’obtenir sa réhabilitation le 4 octobre 1921, ainsi que de 50 autres fusillés pour l’exemple. Dès l’année suivante, la dépouille fut remise à sa famille et enterrée dans le cimetière de Breteuil. Son nom a également été ajouté au Monument aux Morts.

La Libre Pensée et la Ligue des droits de l’Homme demandent désormais qu’une rue ou un moment de Breteuil-sur-Iton porte le nom de cette victime des balles françaises. Après la cérémonie de 2012, elles ont renouvelé cette requête le 11 novembre 2015. « Nous n’avons pas eu de réponse de la part de la mairie de Breteuil », regrette Jean Jayer de la Libre Pensée.

Plusieurs demandes

La municipalité ne serait pas contre. Cependant :

« Nous avons plusieurs autres demandes, mais il n’y a pas de nouvelle rue à baptiser, détaille Gérard Chéron, maire de Breteuil. C’est difficile de débaptiser une rue, et cela coûte cher, notamment pour les habitants qui doivent changer leur adresse ».

Une autre piste serait de poser une plaque dans la rue au Loup, derrière la mairie de Breteuil, là où vécut le caporal Floch. Cette reconnaissance rendrait justice à la famille du soldat. Sa femme fut, par exemple, durement touchée : après l’accusation de lâcheté de son mari autrefois estimé, des commerçants refusent de la servir, et elle ne reçoit pas la pension de veuve de guerre. La situation durera 7 ans.

Selon le frère du défunt caporal, cité par Michel Joly, président de Libre Pensée, lors de son intervention à Breteuil en 2012, « nous avons vécu dans une atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée ». Une situation commune pour les 639 fusillés. « Des familles traînent encore cette mauvaise réputation », souligne Jean Jayer.

 

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NB: article en extract ("Retrouver la famille" figurait dans l'article original)

 

Soissonnais 14-18 est en contact depuis 1999 avec sa famille: RETROUVEZ l'article ICI.

 

Retrouvez notre article «Justice rendue pour le caporal Paul-Henri Floch» ICI.

 

Retrouvez l'article «Le Caporal Floch, fusillé le 4 décembre 1914 à Vingré,

honoré le 13 octobre 2016 à Breteuil-sur-Iton» ICI.

 

Soissonnais 14-18 a organisé la cérémonie du Centenaire le 6 décembre 2014: la famille était présente: RETROUVEZ l'article ICI.

 

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Martine (Paul-Henry Floch est son grand-oncle) et Patrick DAVID  venus spécialement de Thiers et présents au château de Vic-sur-Aisne lors de la cérémonie du Centenaire le 6 décembre 2014, ici avec Jean-Luc Pamart.

 

RETROUVEZ sur Soissonnais 14-18 la visite des descendants de Floch à Vingré, juillet 2016 ICI.

 

La tombe est maintenant entretenue.

La voici en situation en 1997:

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Cette plaque (ôtée lors de la restauration de la tombe et gardée par la famille) est entrée dans les collections de l'association Soissonnais14-18 suite au don de Madame Oury en octobre 2016 au moment des cérémonies de Breteuil-sur-Iton.

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Cf l'article Le Réveil du 06/11/2012:

Breteuil-sur-Iton. L'hommage au caporal Floch, fusillé en 1914

ici photo 2012

Le caporal Floch, Poilu de la Grande Guerre

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La Ligue des droits de l’Homme et la Libre pensée de l’Eure rendront hommage ce dimanche 11 Novembre au Caporal Henry Floch, un Bretolien fusillé pour l’exemple le 4 décembre 1914 et réhabilité en 1921 (RN du 07/11/12).

 

 


Date de création : 08/02/2016 @ 06:59
Dernière modification : 22/10/2016 @ 14:53
Catégorie : Fusillés

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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par Raphael_Hudry le 11/10/2016 @ 20:34

  Isabelle Clou-Menessart, webmaster du site de l'association Soissonnais 14-18, m'a contacté il y a quelques jours pour que je donne mon avis sur le rôle que j'ai pu jouer dans le « dossier » consacré au caporal Paul Henri Floch, soldat originaire de Breteuil-sur-Iton fusillé pour l'exemple en décembre 1914.  

Etant peu habitué à ce genre d'exercices, je vais juste répéter le début de mon deuxième article sur le caporal Floch, à savoir que, finalement, « la presse locale peut encore faire bouger les choses ».   Je suis ainsi ravi de constater qu'un article que j'ai écrit a pu avoir un écho et mettre en relation deux groupes qui se cherchaient depuis des années.

Les descendants du soldat bretolien d'une part, et les associations demandant qu'une véritable reconnaissance soit faite dans sa commune d'origine. Indirectement, mon article a donc peut-être accéléré la procédure pour installer une plaque dédiée au caporal Floch, qui sera inaugurée le 13 octobre.

  Il n'y a rien de plus gratifiant que quelqu'un qui vous félicite pour votre travail et vous remercie pour avoir contribué, d'une manière ou d'une autre, à faire avancer sa cause, son combat. Je ne recherche pas ces remerciements lorsque je rédige un article, mais il faut avouer que, quand il y en a, cela me fait évidemment plaisir.   Surtout que, dans ce cas précis, c'est important pour la mémoire locale que l'on qualifie souvent de « petite Histoire ». Pour ma part, je pense qu'il n'y a pas de « petite Histoire » mais de petites histoires qui font partie de l'Histoire. Et, après tout, l'actualité d'aujourd'hui n'est-elle pas l'Histoire de demain ?  

Raphaël Hudry  Journaliste pour Le Réveil Normand


Réaction n°1 

par Webmastrice le 09/10/2016 @ 10:20

Février 2016: cet article a suscité des commentaires à Soissonnais 14-18
"Mais nous connaissons la famille!"

Action
"Vite, contactons ce journaliste, Raphaël Hudry et sa rédaction, pour transmettre l'information!"

Réaction
Une belle chaîne depuis la mise en relation par le Réveil Normand des associations locales et de la famille, notamment grâce à l'action de Jean Jayer

En effet le 13 octobre 2016 la cérémonie officielle honorera à Breteuil-sur-Iton la mémoire du fusillé Paul-Henri Floch en présence de ses descendants.
http://soissonnais14-18.net/articles.php?lng=fr&pg=2494&mnu_modecol=W


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