Les autres fusillés du Soissonnais - Alphonse Brosse et Jean Boursaud

Alphonse Brosse

Soldat du 238 e RI,

Sergent, classe 1900, n° 2316, né le 13/12/1880 à La Palisse (03),

condamné pour abandon de poste en présence de l’ennemi (autrement dit "désertion")

(dans la nuit du 4 au 5 octobre 1914),

par jugement du Conseil de guerre de la 63e  DI,

fusillé le  10 octobre 1914 à Ambleny, au lieu-dit Beron, à 17h00,

inhumé au cimetière militaire d'Ambleny, tombe 12, carré C,

déclaré non mort pour la France.

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Jean Boursaud

Soldat du 238 e RI,

soldat 2è classe, classe 1899, n°1146, né le 14/08/1879 à Doyet (03),

condamné pour abandon de poste en présence de l’ennemi (autrement dit "désertion")

 (dans la nuit du 4 au 5 octobre 1914),

par jugement du Conseil de guerre de la 63e  DI,

fusillé le  10 octobre 1914 à Ambleny, au lieu-dit Beron, à 17h00,

inhumé au cimetière militaire d'Ambleny, tombe 11, carré C,

déclaré non mort pour la France.

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Plus bas, vous pourrez lire les éclairages apportés par Denis Rolland.

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Laissons maintenant Denis Rolland nous en dire plus sur ces fusillés d'Ambleny

Dans le chemin de Béron, une plaque de marbre rappel l'exécution en ce lieu de deux soldats.

Le Sergent Alphonse Brosse et le soldat Jean Boursaud appartenaient au 238e RI qui occupait, au début du mois d'octobre, des tranchées dans le secteur de Fontenoy. Une zone de combats terribles, notamment le 20 septembre qui fut un véritable carnage.

Le sergent Brosse était âgé de 34 ans. Né à La Palisse (Allier), il était ouvrier caoutchoutier à Clermont-Ferrand. Il était marié sans enfant. Son camarade Boursaud était âgé de 35 ans, né à Doyet-la-Presle (Allier). Il était maçon à Paris, marié avec trois enfants.

Le sergent était alors en poste dans une tranchée, son camarade, moins exposé que lui, faisait la cuisine des sous-officiers dans une carrière proche.

Dans la matinée du 4 octobre, le sergent Brosse quitte son poste pour dire à Boursaud qu'il a l'intention de déserter. Il lui suggère de l'accompagner car, dit-il, cela va très mal dans les tranchées de Fontenoy. Dans la soirée, il revient voir Boursaud et tous deux décident de passer à l'acte.

Après s'être habillés en civil à l'aide d'effets trouvés dans une maison abandonnée de Roches, ils cachent leurs armes et leurs uniformes dans un bois entre Roches et Vic-sur-Aisne où ils passent la nuit et la journée du 5. La nuit suivante, ils réussissent à franchir le pont de Vic. Ils sont bien arrêtés par le poste de garde mais Brosse a réussi à connaître le mot de passe par un camarade.

Naïvement les deux fugitifs croyaient pouvoir atteindre Pierrefonds sans encombre et de là prendre le train pour Paris. Mais à Chelles il y a poste de gendarmerie qui contrôle les allées et venues des civils. Sans laisser-passer, il est impossible de circuler. Ils sont arrêtés et les gendarmes n'ont pas de mal à découvrir qu'ils sont militaires. Ramenés à Ambleny au siège de la division, ils sont immédiatement déférés devant un conseil de guerre de la 63e division.

Pour sa défense, Boursaud a dit aux enquêteurs qu'il s'était laissé entraîner par Brosse. Celui-ci a avoué être à l'origine de la désertion mais pour sa défense il a dit aux gendarmes : « Je ne mangeais plus, il me semblait que j'allais devenir fou. »

Le 10 octobre les deux militaires sont jugés par le conseil de guerre de la division. À l'unanimité  des cinq juges ils sont reconnus coupable d'abandon de poste en présence de l'ennemi, condamnés à mort et exécutés le jour même.

Des témoins ont raconté la suite de cette pénible affaire. Onezime Henin d'abord :

« À cinq heures du soir je vais par la rue Mahieu pour avoir des nouvelles de ma sœur Césarine qui est à Villers, je suis tout émotionné de voir ce qui s'y passe. C'est d'abord Monsieur le Curé qui me dit allez-vous-en, ne venez pas par ici, car on va fusiller deux déserteurs. En effet aux Marronniers, quatre compagnies d'infanterie sont sur les rangs, les gendarmes vont conduire les deux malheureux dans Béron où aura lieu l'exécution, les fosses sont faites d'avance, ils y seront enterrés. Je n'y suis pas allé, c'est trop triste. »

Un autre témoin, Mme Cartier, rencontra les condamnés et le peloton d'exécution :

« L'un des soldats ne cessait de pleurer et tenait à la main un grand mouchoir à carreaux. L’exécution eut lieu dans la sente de Béron, à la sortie du village, où les deux malheureux furent attachés à des noyers. »

 

Leurs corps se trouvent aujourd’hui dans le cimetière militaire d'Ambleny. Les croix portent, par erreur, la mention « Mort pour la France », une réhabilitation fictive en quelque sorte.

Denis Rolland

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Date de création : 04/04/2016 @ 18:33
Dernière modification : 06/04/2016 @ 11:21
Catégorie : Les autres fusillés du Soissonnais

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