Drame de l'occupation à Vingré - Drame de l'occupation à Vingré

Drame de l'occupation à la ferme du prieuré de Vingré,

chez la famille Amory

 

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M. Léopold Amory, cultivateur à la ferme du prieuré Saint-Blaise à Nouvron-Vingré, était âgé de 43 ans au début des hostilités. Le 12 septembre 1914, la bataille de la Marne est gagnée, les Allemands se sont terrés dans les carrières de la rive droite de l’Aisne et sur le plateau plus au nord.

Le 13 septembre, au lever du jour, 8 cuisiniers allemands viennent s’installer à la ferme de M. Amory. Ils doivent préparer les repas des Allemands établis dans les tranchées voisines. Entre temps, ils commencent par s’abreuver du meilleur vin de la cave, puis défoncent les tonneaux de cidre.

Vers 10 heures, une patrouille de 3 cavaliers français, dont un officier du 11ème Régiment de Chasseurs, s’avance en éclaireur dans le village. La bonne du prieuré les aperçoit et en avertit M. Amory. Celui-ci, s’étant assuré du fait, va à la cuisine où les Allemands sont encore attablés. Il avance doucement du côté des fusils, puis les rassemble dans ses bras et les emporte. Cependant, il a été aperçu, plusieurs cuisiniers se sont levés pour les lui disputer, mais ils ont affaire à un hercule de cent kilos. M. Amory les enferme et brise les crosses des fusils. Les Chasseurs sont avertis et n’ont plus qu’à faire prisonniers les Allemands. Ceux-ci, les mains liées derrière le dos, sont emmenés à Vic-sur-Aisne poursuivis par les huées des habitants de Vingré.

Dans la nuit du 19 au 20 septembre, les Allemands forcent les lignes françaises et cernent le prieuré. A 5 heures du matin, les Allemands incendient la grange de l’extérieur. M. Amory qui s’en aperçoit envoie sa femme Jeanne et ses deux enfants, Léopold 9 ans et Pierre 13 mois, chercher refuge à la bouverie située dans les bâtiments opposés au feu. Puis il détache les chevaux.

A peine arrivée à la bouverie, Mme Amory épouvantée jette un cri à son mari. Au même instant, elle tombe foudroyée par une balle tirée du jardin. M. Amory qui a tout entendu accourt à l’aide. Une balle dans le dos puis une autre à la tête l’abattent sous les yeux de ses enfants et des domestiques terrifiés.

Les Allemands envahissent la cour défendue par une trentaine de soldats du 298ème de ligne. Le lieutenant français et l’officier allemand s’entretuent à coups de révolver. Les soldats français sont tués ou fait prisonniers. Les deux enfants et les domestiques sont emmenés dans une tranchée allemande. Une sentinelle les gardera sans soin ni nourriture et sous la mitraille jusqu’au lendemain soir. Le bébé de treize mois meurt de froid et de faim.                     

La tombe familiale est toujours visible et entretenue par leurs descendants.

 

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Ce texte figure sur le panneau explicatif refixé en septembre 2016 sur le portail du jardin privé de Vingré où reposent les victimes de la famille Amory.

Monsieur Amory a volontiers accepté de se déplacer vers ce lieu de recueillement pour immortaliser la pose de ce panneau explicatif.

 

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Retrouvez le cimetière privé Amory dans l'article évoquant les commémorations de 2014 ICI

 

 

 


Date de création : 11/09/2016 @ 15:08
Dernière modification : 01/01/2017 @ 16:26
Catégorie : Drame de l'occupation à Vingré

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