Fusillés - Justice rendue pour le caporal Paul-Henri Floch

Justice rendue pour le caporal Paul-Henri Floch

Le caporal Floch a sa plaque

 

PHF_revueAP.jpg

Publié dans le Réveil Normand le mercredi 5 octobre 2016            

 

Fusillé pour l’exemple le 4 décembre 1914, le caporal Paul Henri Floch, né à Breteuil-sur-Iton, fait l’objet d’une exposition et d’une conférence mercredi 12 et jeudi 13 octobre.

Comme quoi, la presse locale peut encore faire bouger les choses. Suite à notre article publié en janvier dernier sur l’histoire du caporal Paul Henri Floch et sur l’appel lancé par l’association la Libre pensée pour retrouver des descendants de ce soldat, l’association Soissonnais 14-18 s’est manifestée. Elle possédait en effet les coordonnées de la petite-nièce du caporal, invité chaque année à Vingré (Aisne) pour commémorer la mémoire des six martyrs de Vingré.

Faire évoluer les mentalités

Ces six poilus ont été fusillés pour l’exemple le 4 décembre 1914, accusés à tort d’avoir fui devant les Allemands. Parmi eux figurait donc le caporal Paul Henri Floch, né à Breteuil et nommé greffier de la justice de paix de la commune en 1911. Même si les soldats ont été réhabilités en 1921, Jean Jayer et Michel Morin, membres de la Libre pensée, souhaitaient faire plus pour rendre justice à ces innocents.

Ainsi une exposition baptisée « Maudite soit la guerre ! » se tiendra mercredi 12 octobre de 10 h à 12h 30 et de 14 h à 19 h dans la salle annexe de la mairie de Breteuil. Le public découvrira entre autres, des archives sur le caporal Paul Henri Floch et sa famille. Des archives issues, en grande partie, de celles détenues par Bernard Lizot, historien local.

« C’est une mercredi pour permettre aux enfants de venir », souligne Michel Morin. L’exposition restera encore visible jeudi 13 octobre de 10 h à 12 h.

Dans l’après-midi du 13  octobre, une conférence-débat sur les fusillés pour l’exemple et le caporal Floch se tiendra de 14 h à 16 h 45, toujours dans la salle annexe, avec plusieurs intervenants dont Martine David-Oury, petite-nièce du caporal Floch (lire encadré). Une nécessaire intervention pour Michel Morin qui espère « faire évoluer les mentalités car l’histoire locale est passée sous silence ».

Nouvel appel.

Si ce double évènement récompense des années de travail, le combat ne touche pas pour autant à sa fin pour les associations. Elles recherchent toujours des documents en rapport avec le caporal Floch, notamment le discours prononcé par Monsieur Monteil, représentant de la Ligue des droits de l’Homme en 1922, lors du retour du corps du soldat à Breteuil. Elles lancent donc un appel à quiconque détiendrait ce discours ou même d’autres archives. Qui sait, peut-être que cet appel trouvera un écho favorable, comme le précédent.

                                                                                                                             Raphaël Hudry

 

Exposition mercredi 12 octobre de 10 h à 12 h 30 et de  14 h à 19 h et jeudi 13 octobre de 10 h à 12 dans la salle annexe de la mairie.

Conférence-débat accompagnée d’un diaporama jeudi 13 octobre de 14 h à 16 h 45.

Les deux évènements sont gratuits mais, les associations n’ayant demandé aucune subvention, elles invitent le public à leur verser un don pour couvrir les frais d’organisation.

Renseignements au 06 47 39 86 47

 

 

UNE PLAQUE À SON NOM

Comme nous vous l’indiquions en janvier dernier, la Ligue des droits de l’Homme et la Libre pensée demandaient qu’une rue de Breteuil-sur-Iton porte le nom du caporal Henri Floch. La municipalité n’était pas contre, cependant, « nous avons plusieurs autres demandes, mais il n’y a pas de nouvelle rue à baptiser, détaillait Gérard Chéron, maire de Breteuil, en début d’année. C’est difficile de débaptiser une rue, et cela coûte cher, notamment pour les habitants qui doivent changer leur adresse ».

Finalement, un compromis a été trouvé. Une plaque commémorative sera posée dans la rue Jacques Girard, ancienne appelée la rue au Loup, où vécut le caporal Floch. Elle sera inaugurée jeudi 13 octobre à 17 h, après la conférence-débat, par le maire. Un aboutissement pour les associations.

 

CONFÉRENCE. Le programme des intervenants.

  • Michel Morin, membre de la Libre pensée, habitant Breteuil-sur-Iton, ouvrira la conférence sur le nécessaire devoir de mémoire.
  • Martine David-Oury, petite-nièce du caporal Paul Henri Floch, témoignera de l’engagement de sa famille pour la réhabilitation de son grand-oncle et des actions en sa mémoire.
  • Bernard Parisot, président de la Ligne des droits de l’Homme de Louviers, retracera les actions de la LDH, dès l’origine, pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.
  • Jean-Luc Pamart, président de l’association Soissonnais 14-18, présentera « Vingré, une mémoire toujours vivante ».
  • Nicole Aurigny, représentante de la Fédération nationale de la Libre Pensée, fera un exposé sur la cruauté de la Guerre 14-18 et le combat toujours en cours pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple.

FlochReveilNormand5oct16.jpg

plaqueFloch_oct16.jpg

                                                                                           

 

Le caporal Floch a sa plaque

 

C'est fait, le caporal Henri Floch, fusillé pour l'exemple en décembre 1914, a désormais une plaque commémorative dans une rue de Breteuil-sur-Iton.

Le réveil normand, 19 octobre  2016 par Raphaël Hudry

 

Jacques Girard, fusillé par les Allemands le 17 août 1944, a désormais un compagnon. Dans la rue Jacques Girard, la plaque en hommage au caporal Paul Henri Floch, natif de Breteuil-sur-Iton et fusillé pour l’exemple en décembre 1914, a été inaugurée jeudi dernier par le maire Gérard Chéron, accompagné de Martine David-Oury, petite-nièce du caporal bretolien. Tout un symbole car la plaque se situe à quelques mètres seulement de la maison qu’occupait le caporal Floch dans ce qui s’appelait à l’époque la rue au Loup.

DSC_2582.JPG

La plaque a été inaugurée par Martine David-Oury, le maire Gérard Chéron, Michel Morin et Jean Jayer, membres de la Libre Pensée

Juste avant l’inauguration, la salle annexe de la mairie était pleine pour les conférences prévues par les associations La Libre Pensée, La Ligue des droits de l’Homme et Soissonnais 14-18. Une cinquantaine de personnes a ainsi écouté les intervenants.

Les différents intervenants des conférences

Les différents intervenants des conférences données dans la salle annexe

Les organisateurs sont toutefois quelque peu déçus de la fréquentation de l’exposition « Maudite soit la guerre ! » qui se tenait au même endroit, seulement une trentaine de personnes sur deux jours. Pour les retardataires, l’exposition s’est installée depuis mardi dernier à la médiathèque de Breteuil et sera visible jusqu’à la fin du mois d’octobre.

 

 

Retrouvez nos articles sur le sujet:

"Le caporal Floch attend toujours sa rue":

RETROUVEZ l'article ICI.

 

"Soissonnais 14-18 est en contact depuis 1999 avec sa famille":

RETROUVEZ l'article ICI.

 

"La presse de 1915 évoque Floch "mort au champ d'honneur":

RETROUVEZ l'article ICI.

 

"Soissonnais 14-18 a organisé la cérémonie du Centenaire

le 6 décembre 2014 où la famille était présente":

RETROUVEZ l'article ICI.

 

«Le Caporal Floch, fusillé le 4 décembre 1914 à Vingré,

honoré le 13 octobre 2016 à Breteuil-sur-Iton»

RETROUVEZ L'ARTICLE ICI.


Date de création : 09/10/2016 @ 07:38
Dernière modification : 28/10/2016 @ 15:05
Catégorie : Fusillés

Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article


Réaction n°1 

par Raphael_Hudry le 11/10/2016 @ 20:34

  Isabelle Clou-Menessart, webmaster du site de l'association Soissonnais 14-18, m'a contacté il y a quelques jours pour que je donne mon avis sur le rôle que j'ai pu jouer dans le « dossier » consacré au caporal Paul Henri Floch, soldat originaire de Breteuil-sur-Iton fusillé pour l'exemple en décembre 1914.  

Etant peu habitué à ce genre d'exercices, je vais juste répéter le début de mon deuxième article sur le caporal Floch, à savoir que, finalement, « la presse locale peut encore faire bouger les choses ».  

Je suis ainsi ravi de constater qu'un article que j'ai écrit a pu avoir un écho et mettre en relation deux groupes qui se cherchaient depuis des années. Les descendants du soldat bretolien d'une part, et les associations demandant qu'une véritable reconnaissance soit faite dans sa commune d'origine. Indirectement, mon article a donc peut-être accéléré la procédure pour installer une plaque dédiée au caporal Floch, qui sera inaugurée le 13 octobre.

  Il n'y a rien de plus gratifiant que quelqu'un qui vous félicite pour votre travail et vous remercie pour avoir contribué, d'une manière ou d'une autre, à faire avancer sa cause, son combat. Je ne recherche pas ces remerciements lorsque je rédige un article, mais il faut avouer que, quand il y en a, cela me fait évidemment plaisir.   Surtout que, dans ce cas précis, c'est important pour la mémoire locale que l'on qualifie souvent de « petite Histoire ». Pour ma part, je pense qu'il n'y a pas de « petite Histoire » mais de petites histoires qui font partie de l'Histoire. Et, après tout, l'actualité d'aujourd'hui n'est-elle pas l'Histoire de demain ?  

Raphaël Hudry  Journaliste pour Le Réveil Normand


^ Haut ^