Mémoire - Le petit-fils d'un poilu lègue 100 000 euros

Le petit-fils de Poilu lègue 100 000 euros

L'Union, publié le jeudi 18 février 2010 par Ludivine BLEUZÉ

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Le petit-fils d'Henri Roussel a couché l'association sur son testament. Le président Jean-Luc Pamart, ne s'attendait pas à une telle nouvelle en décrochant son téléphone.

L'association Soissonnais 14-18 vient de toucher un héritage. Le descendant d'un Poilu l'a désignée comme légataire.

UNE belle histoire. Elle commence en 2004. Jean-Luc Pamart, le président de l'association Soissonnais 14-18, à Nouvron-Vingré, s'en souvient comme si c'était hier : « L'une de nos missions est d'accueillir les familles de ceux qui ont combattu ici. Le hasard veut qu'un monsieur de Clermont-Ferrand cherche son grand-père qui a combattu dans le village de Vingré et qui est enterré au cimetière militaire de Vic-sur-Aisne. »
Yves Roussel, petit-fils d'Henri, soldat à la 5e compagnie du 71e régiment d'infanterie, visite, avec un guide, Vingré et Confrécourt, sur les traces de son aïeul. Il sait désormais que le 2 juin 1918, au petit matin, l'ennemi attaque vers Vingré après un bombardement qui dure de 4 heures à 7 h 30.
Le régiment fait face à de nombreuses tentatives d'infiltrations. À 18 heures, les dernières attaques sont arrêtées. C'est ce jour-là qu'Henri Roussel meurt pour la France.
Peu de temps après cette visite, l'association s'aperçoit qu'elle compte un nouvel adhérent dans ses rangs.
Le petit-fils du Poilu en était sorti retourné, comme cette terre - jadis champ de bataille - que cultive aujourd'hui Jean-Luc Pamart.
« On ne l'a jamais revu et le lien qu'il y avait entre lui et l'association, c'était notre journal trimestriel qu'il recevait », note le président de l'association.
« Judicieuse »
Survient une annonce inattendue, inespérée, en septembre 2006. « Je reçois un coup de téléphone d'un notaire de Clermont-Ferrand. Il m'annonce qu'Yves Roussel est décédé. Il n'a pas d'héritier et il nous lègue tout ce qu'il a, à nous et à une association de lutte contre la violence routière. » L'événement secoue Jean-Luc Pamart : « Je ne pouvais pas imaginer ça. On hérite bien de temps en temps d'un casque, d'un tableau, de médailles, mais ça ! Je n'en ai pas dormi de la nuit. »
Dans son testament, le Clermontois cède deux studios à l'association Soissonnais 14-18. « Nous nous sommes d'abord renseignés pour savoir s'il n'existait pas un petit-neveu. » Comme l'association n'est pas reconnue d'utilité publique, 60 % de cet héritage devait revenir à l'État. « Le préfet de l'Aisne a accepté que l'État n'intervienne pas, mais, à charge pour nous que ce legs revienne à la communauté par une utilisation judicieuse. Nous avons vendu les deux studios et le notaire vient de solder les comptes. Nous avons 100 000 euros. »
Qu'en faire ? Deux réunions se sont déjà tenues pour trouver des pistes. « Nous allons prendre le temps de la réflexion. » Le legs Roussel aidera à perpétuer le quotidien du soldat des tranchées, c'est une certitude.


 

 

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à Vic-sur-Aisne grâce au souvenir d'un poilu" ICI.


Date de création : 23/10/2016 @ 08:21
Dernière modification : 23/10/2016 @ 08:32
Catégorie : Mémoire

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