Travaux particuliers - Extraction d'éléments en béton de guérites d'observation

Des éléments en béton de guérites d'observation, extirpés d'une décharge sauvage, ont pu être mis en protection

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Mobilisés avec des moyens techniques, quelques bénévoles ont pu extraire deux pièces de béton préfabriquées d'une décharge improvisée. La vigilance d'experts en matériel de l'association, Jérome Gaillard et Hervé Col, avait permis de signaler leur présence, en contrebas de la première ligne allemande 1914-1917 du plateau de Confrécourt. Leur site d'implantation initial nous est hélas inconnu car il s'agit-là, sans nul doute, du dépôt d'un habitant gêné par le vestige - à la taille et au poids impressionnants - et, hélas, bien certainement ignorant la rareté du patrimoine ainsi jeté et que notre association aurait préféré venir récupérer in situ.

 

Tout d'abord le reportage concernant l'extraction des 2 blocs le 18 mai 2017.

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S’agissait-il de pièces posées sur un chassis en bois ? de pièces camouflées ? On comprend bien que ces deux pièces individualisées n’ont pas été intégrées dans du béton puisqu’aucune cassure, brèche, amalgame ne s’observe.

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Aidé du spécialiste du béton de la Grande Guerre, Emmanuel Dubail, nous pouvons vous présenter les pièces préservées et  nous référer à son ouvrage Construire-sur-le-front, la technique des éléments préfabriqués en béton, une innovation de la Grande Guerre,  publié par l’Association des Amis de Vauquois et de sa Région en 2013 (95 pages, 12 euros, ISBN 2-9507638-3-9). Cet ouvrage nous permet de rappeler le contexte d’utilisation sur le front : préconisée chez les Allemands en 1916, la technique du béton préfabriqué a été adoptée internationalement par les Armées en guerre ; ce qui explique le nombre extraordinairement élevé de modèles.

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Preuve de l’inventivité des ingénieurs militaires, les kits  préfabriqués en béton, font partie de l’organisation des positions de fortifications. Imaginés à l’origine pour créer de discrets postes de guetteur ou d’observatoire d’artillerie en secteur exposé comme l’est la première ligne, la qualité du béton de ces éléments préfabriquées est une fois de plus excellente.

La résistance et la facilité d'assemblage, par rainures, s'observent sur les deux pièces mises en protection.

L'assurance que ces pièces sont d'origine allemande est non acquise car l’armée française eut également beaucoup recours aux guérites en éléments préfabriqués en béton, pour des éléments d’un poids parfois élevé. Nous avons la chance que les modèles découverts soient exclusifs, et la malchance qu’ils soient peu documentés !

En tous cas, ils n'appartiennent pas aux éléments préfabriqués construits en grande quantité et ayant reçu un semblant d'officialité. L'auteur nous confirme bien qu'ils ne figurent pas dans toute sa documentation disponible et n'ont pas été rencontrés ailleurs sur le front, hormis pour le cercle qui a été mis en œuvre sur le secteur de la Champagne, côté allemand.

D'ailleurs, l’élément en demi-voûte découvert, particulièrement massif, n'est pas des plus aisés à manipuler - songeons à ses fabricants ! - et déplacer; ce qui confirme qu'un tel modèle n'a pas dû être réalisé à beaucoup d'exemplaires. L’encombrement de l’objet est en effet un bon indicateur de la difficulté de son transport et placement. Nous n’avons pu disposer à ce jour d’une balance de véhicules à proximité pour effectuer le pesage des pièces. Ce point n’est pas sans intrigue : comment un poids excessif de la pièce n’annule-t-elle pas l’avantage de la fabrication à l’arrière ?

En ce qui concerne la place disponible à l’intérieur de la structure, le volume réduit ne doit pas étonner car la guérite n’était censée accueillir qu’un seul occupant ; souvent un officier d’artillerie venu confirmer les résultats de tirs et les coordonnées.

 

Détaillons les deux pièces de guérites circulaires qui devaient comporter 4 à 6 anneaux superposables:

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- une partie supérieure en dôme. C’est la partie la plus lourde car la plus exposée aux tirs de snipers et aux éclats. La seule ouverture est une mince fente d’observation. Les toitures en dôme sont le plus souvent formées par l’assemblage de plusieurs parties découpées dans le moule avant séchage. Ici, le modèle semble bien créé dans des moules, car le séchage du béton n’est pas homogène comme le plâtre; on ne peut donc pas risquer la totalité du bloc en enlevant le moule avant prise complète et séchage partiel pour le découper en plusieurs parties.

Est-ce ici une expérimentation du printemps 1915, moment des premières innovations ?

- une partie circulaire, de forme courbe - rarement observable - ressemblant à une buse contemporaine d’assainissement. Elle laisse à penser à l’auteur à un élément circulaire, avec une tranche biseautée,  tel qu’il a été produit côté allemand pour le secteur champenois (de Vouziers au Chemin des Dames) ou des modèles partiellement similaires dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, dans les Vosges.

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Comparaison avec buse de puits à emboîtement 500 x 470.

 

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Planche proposée dans l'ouvrage de l'auteur page 80.

L'association possède aussi un autre exemplaire de guérite, mais française cette fois, et d’un modèle beaucoup plus répandu. Il s’agit d’un modèle construit en tôle de fer, pour un seul occupant. Son plan est circulaire et sa taille correspondait à celle d’un homme debout. L’espacement des parois en tôles fines permettait de remplir le vide, avec du gravier ou du béton, de manière à résister aux balles perforantes et aux éclats d’obus. C'est ici un des éléments bas de la guérite en éléments séparés que l'on retrouve dans la photo de la guérite entière qu’on pouvait voir dans les années d’après-guerre à Berry-au-Bac, et proposée par l'auteur.

 

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Plan d'instruction française sur l'organisation du terrain, édition 1917, fourni par Emmanuel Dubail.

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Anneaux et dôme en exposition dans la cour de la ferme du Mont-Renaud, près de Noyon, observable lors des portes ouvertes proposées par l'association Patrimoine Grande Guerre Oise.

Les modèles français en tôle de fer ont pu être intégrés à des constructions bétonnées plus amples et ainsi constituer l’âme d’une superstructure solidement implantée sur le front, comme ici l’exemplaire mis en valeur par la commune de Tilloloy dans le Sud-Est de la Somme.

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Emmanuel Dubail à Tilloloy le 28 juin 2017 avec les amis de Soissonnais 14-18.

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   Les modèles français les plus connus de la région sont d'un tout autre type, maçonnés en pierres avec un toit coulé sur place.

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Construire-sur-le-front, la technique des éléments préfabriqués en béton, une innovation de la Grande Guerre,  publié par l’Association des Amis de Vauquois et de sa Région en 2013 (95 pages, 12 euros, ISBN 2-9507638-3-9).

Ouvrage en vente auprès de l’association Les Amis de Vauquois et de sa Région:

http://butte-vauquois.fr/la-bibliotheque/

 

Ouvrage cité entre autres sur le site du Ministère des armées :

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/de/construire-sur-le-front

 

NB: l'ouvrage vient d'être acquis par l'association Soissonnais 14-18 et figure désormais dans la bibliothèque.

 

MERCI EMMANUEL

POUR TES RELECTURES,

APPORTS D'INFORMATIONS ET EXTRAITS DE TES COLLECTIONS DOCUMENTAIRES.

 

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Date de création : 02/07/2017 @ 14:08
Dernière modification : 03/08/2017 @ 21:50
Catégorie : Travaux particuliers

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