Des actions variées - Valoriser les témoins historiques,
la venue d'un des descendants des dessinateurs-journalistes Tinayre

Valoriser les témoins historiques, la venue d'un des descendants des Tinayre

 

Alain BATUT-DAJEAN, par sa venue,

a permis de confirmer la localisation à Confrécourt d'un dessin emblématique

 

  LouisTinayre est l'arrière-grand-père d'Alain Batut-Dajean.

Julien Tinayre est son arrière-grand-oncle.

 

Louis Tinayre (1860-1941) est dessinateur, affichiste, reporter et peintre

Julien Tinayre (1859-1923) est illustrateur

Abel Tinayre (1866-1903) est illustrateur mais ne semble pas avoir foulé les sites soissonnais.

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Un dessin emblématique de Louis Tinayre présente l'autel de la carrière du 1er Zouaves (celui-ci ne prête pas à hésitation sur la localisation du site reproduit). Un autre dessin présente des scènes minutieuses de vie dans les carrières du Soissonnais (le flou subsistait sur le site reproduit puisque les reproductions connues ne situaient pas la scène plus localement).

 

Alain Batut-Dajean nous a apporté la preuve matérielle que ce sont bien les carrières de Confrécourt. Il est venu avec son original qui porte la mention manuscrite "carrières de Confrécourt".

C'est pour nous un moment d'émotion !

 

Il a pris contact avec nous en janvier 2017 et nous honorait de sa première visite dès le 31 mars 2017, tableau en main.

 

Jean-Luc Pamart ne doutait pas que Confrécourt

soit aussi le modèle de ce tableau

puisque deux des frères Tinayre étaient présents à Noël 1914 et dessinaient l'autel, rédigeaient les articles de L'illustration, commentaient le messe du 24 décembre, croquaient la ferme après les combats.

 

C'est à l'occasion de la grande collecte 14-18 de 2013 que la localisation du site reproduit dans ce tableau a pu être réalisée. En effet Monsieur Batut-Dajean avait à cette occasion apporté son original à la BDIC et en sortant le dessin de son cadre la mention manuscrite si chère à nos yeux s'est dévoilée.

 

Pour commencer cet article, nous vous présentons en images Monsieur Alain BATUT-DAJEAN en ce 31 mars 2017

 

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Il nous a aimablement permis de reproduire le tableau, objet de nos attentions et sujet d'intrigue de localisation.

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Il est venu visiter la carrière où cet autel dessiné par son aïeul trône dans l'Illustration (cf infra)

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L'autel dessiné (cf infra) par Louis Tinayre lors de la messe du 24 décembre 1914.

Pour poursuivre cet article, nous vous présentons le dessin que Monsieur Alain BATUT-DAJEAN livra à notre admiration en ce 31 mars 2017

 

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Le dessin de Louis Tinayre "Carrières de Confrécourt" si extra-ordinairement  confirmé comme dessiné là.

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Extrait de coin bas droit du tableau "Carrières de Confrécourt" de Louis Tinayre.

 

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La mention manuscrite, légèrement décalée du coin du dessin, si extra-ordinaire!

"La carrière de Confrécourt, 1er janvier 1915, occupée par le 198ème Régiment d'Infanterie, 25ème Brigade."

(Merci également à Mme Dumoulin de la BDIC de son envoi numérique du document scanné lors de la Collecte 2013)

Retrouvez ce document iconographique exceptionnel dans notre article sur la carrière du 1er Zouaves ICI.

 

Pour enchaîner cet article, nous vous présentons les dessins de Julien Tinayre exposés à l'Association.

Dessins de Julien Tinayre "Ferme de Confrécourt"  du 27 décembre 1914 acquis par l'Association.

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Pour enchaîner cet article, nous vous présentons les publications de l'Illustration, reproduisant pour partie les dessins évoqués.

Dessins et texte de Julien et Louis Tinayre parus dans L'illustration du 17 octobre 1914 (N° 3737).

 

Les 4 pages référencées 289 à 292 (collection de l'association)

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Les détails dessinés par Louis Tinayre

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Sous la pluie: convoi d'approvisionnement sur une route bordée de tombes. Dessin de Louis Tinayre.

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Distribution de trophées. Dessin de Louis Tinayre.

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Une ambulance dans une clairière. Dessin de Louis Tinayre.

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Une chambre du château de B... [infra note 1]. Dessin de Louis Tinayre.

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Interrogatoire de prisonniers. Dessin de Louis Tinayre.

 

TOUT PRÈS DE LA BATAILLE

19 septembre – Nous avons quitté Paris, mon frère, peintre militaire, et moi, par un train bondé de voyageurs : infirmières de la Croix-Rouge, paysannes regagnant les villages délivrés, leurs enfants avec des paniers sur les genoux et demandant, anxieuses, s’il est bien vrai qu’ils sont partis.

A Nanteuil-le-Haudouin, première vision de guerre : paysage désert et désolé, de vastes réservoirs éclatés. Arrivé en vue de Crépy-en-Valois, terminus provisoire de la ligne, le train ralentit sa marche. La nuit est venue. Presque toutes les vitres de la gare sont brisées. Les petits fours et le chocolat des distributeurs automatiques ont tenté les Allemands, qui ont enfoncé les appareils à coup de crosse.

La petite ville est sans lumières ; tous les volets sont clos. Pas de chambre disponible dans l’unique hôtel. Enfin, avec l’aide d’un maquignon, venu pour acheter des chevaux blessés, nous découvrons deux sommiers, par terre. Mais quelle abominable odeur s’en dégage ! Les Allemands ont couché là-dessus… Tout habillés, nous dormons mal … Au matin, de très bonne heure, un bruit lointain, sourd, répété… C’est le canon.

 

20 septembre – Jour gris, pluie fine, paysage triste. La route de Villers-Côtterets file, droite, à perte de vue, boueuse, sillonnée par de larges traces des convois.

Des pierres calcinées indiquent çà et là les feux des bivouacs ; beaucoup de bouteilles brisées ; dans le fossé, un fourgon de munitions, à côté de l’essieu sans roue, comme amputé. A droite et à gauche, des champs de betteraves piétinés alternant avec des champs de blé en chaume. Les voitures brisées ne se comptent plus ; partout, des lambeaux d’uniformes souillés de boue, des débris de harnachement et cent autres vestiges des récents combats.

Mais voici de petits monticules de terre fraîchement remuée : ce sont des tombes de soldats. Quelques branches de feuillage, déjà roussi, sont piquées sur ces tumulus ; c’est tout, mais cela évoque le spectacle tragique et poignant d’hier, et les larmes nous viennent aux yeux. Au-delà, par un chemin de traverse, avance lentement un long convoi d’approvisionnements ; tout ce cortège est de couleurs sombres ; les voitures et les hommes se détachent, dans le gris, sur un fond de collines d’où s’échappe la fumée des batteries d’artillerie. Les fantassins, courbés sous la pluie persistante, ont eu l’ingénieuse idée de se couvrir la tête de vulgaires sacs, en guise de capuchons, et ressemblent ainsi à des Bédouins. Le tableau est digne du crayon d’un Raffet.

A Villers-Côtterets, nous reconnaissons nos autobus de Paris, en longues files, de chaque côté de la rue, mais dans quel état ! Enduits de boue, repeints en gris terne, les glaces remplacées par des toiles métalliques. A l’intérieur, sont accrochés de gros quartiers de viande ; ce sont les boucheries ambulantes. D’autres sont transformés en cuisine et rappellent les roulottes de nos forains.

Dans la grande rue, quelle ruche bourdonnante ! Tout un va-et-vient affairé d’officiers d’état-major, de voitures d’ambulance, d’estafettes, de fantassins en corvée, de soldats anglais aux costumes seyants, de couleurs neutres. Beaucoup de grandes voitures à foin passent, bondées de défroques, de selles, de manteaux allemands ; un homme, juché sur ces trophées, distribue aux uns et aux autres un casque, un manteaux ou quelque autre souvenir de la bataille.

Une auberge est remplie de soldats de toutes armes ; ils sont gais en dépit des souffrances endurées. Leurs uniformes, neufs il y a quelques semaines, sont déjà fripés. Des sous-officiers, bonnet de police au vent, se font la barbe en plein air. Ils deviennent loquaces devant le café bien chaud. Ecoutons leurs récits de guerre. Un dragon parle du dernier engagement ; un artilleur raconte comment il a échappé à la mort ; mais un petit sergent interrompt ces histoires : “L’autre jour, dit-il, je me trouvais avec une cinquantaine d’hommes, sur une grande diablesse de route, entourée de champs plats comme la main. Tout d’un coup, à un tournant, les Boches, bien abrités dans leurs tranchées, nous reçoivent avec un feu d’enfer ! Nous ripostons, mais les camarades tombent comme des mouches. Ce n’était pas tout ça, il fallait se tirer de là ! Un fossé longeait la route, pour aboutir, 100 mètres plus loin, à un remblai couronné d’une haie. Pas bien profond, ce fossé, et plein de cadavres d’hommes et de chevaux ! N’importe, je crie : “Tout le monde là-dedans, à la file !” Les premiers ne se baissaient pas assez ; ils sont vite ratissés, et nous sommes obligés de passer sur leurs corps tout chauds pour avancer. Lorsque le restant put arriver vers l’abri, nous étions couverts de sang et de boue, et tellement affreux que nous n’osions plus nous regarder…”

En route pour Compiègne… La belle forêt n’a pas souffert. Les grands hêtres aux majestueuses frondaisons abritent des fougères d’un magnifique brun rouge ; mais les réalités brutales détournent vite notre attention de ce spectacle harmonieux. Des chevaux aux plaies horribles nous croisent ; des cavaliers démontés regagnant d’un pas lourd leur casernement. Voici un long convoi de prisonniers, encadré de gendarmes.

A Taillefontaine, le bruit du canon se rapproche ; les panaches des obus au loin, tachent de ronds blancs le ciel gris. La campagne, très découverte ici, semble abandonnée ; seuls des chevaux échappés de la bataille paissent dans les champs ; les nuages, lourds de pluie, sont échancrés au bas de l’horizon par une barre de pourpre sanglante.

Voici l’imposant château de Pierrefonds. Ses hautes tours se dressent dans le ciel. Au pied des murailles, défile interminablement de l’infanterie, de la cavalerie et de l’artillerie. Quel étrange contraste que cet appareil de guerre moderne devant ce château féodal !

 

21 septembre – Compiègne, pendant l’occupation allemande, n’a presque pas souffert, grâce au sang-froid et au courage de M. Martin, adjoint au maire, et de M. Gabriel Mourey, conservateur du palais.

Lorsque, brusquement les Allemands pénétrèrent dans la ville, M. Mourey se trouva séparé du palais par une troupe compacte d’ennemis envahissant la place. Malgré les menaces, il put se frayer un passage et arriva assez à temps pour recevoir l’état-major. Il se nomma et dit simplement : “Je mets ce palais et les richesses qu’il contient, sous la sauvegarde de l’armée allemande.”

Néanmoins des officiers, en visitant le château, emportèrent quelques “souvenirs” ; mais aucun objet de grande valeur ne fut soustrait.

L’aimable conservateur nous accompagna dans le grand parc. La télégraphie sans fil y est installée avec ses appareils compliqués. Le sergent de service nous apprend qu’il lui arrive parfois d’enregistrer des dépêches allemandes. Tout au bout de la grande allée, les Prussiens avaient établi des retranchements en utilisant les murs de soubassement des grilles, renforcés par des mottes de terre et de gazon ; plus loin, ils ont entassé, les unes sur les autres, des tables d’écoliers, afin de pouvoir tirer par-dessus le mur d’enceinte.

Dans la ville, seul l’hôtel des Postes a été saccagé. A coups de pioche, on a brisé tous les appareils télégraphiques et téléphoniques, alors que la rupture d’un câble suffisait pour les immobiliser.

On nous conseille d’aller visiter Ch. au-B. [infra note 2], naguère charmante localité des bords de l’Oise. Là, c’est la dévastation ; les trois quarts du village ne sont plus que ruines calcinées. Ces ravages ont été commis, dit-on, pour punir un boulanger de la localité qui avait refusé de faire du pain pour l’ennemi. Cependant, au milieu de ce chaos, on remarque quelques maisons restées intactes et on lit sur leurs portes ces mots, en allemand, tracés à la craie : “Braves gens ; ont tout donné ; épargnez leurs demeures.”

M. Mourey nous avait priés de voir en passant si la villa de l’éditeur Ollendorff, son ami, était encore debout. Cachée dans les arbres, la villa est intacte. Le jardinier accourt à notre appel : “Ah ! messieurs, les Prussiens ont pillé tout le linge et les confitures ! … Heureusement qu’ils n’ont presque rien cassés ! … A peine revenu de ces émotions, je jardinais, lorsque surgit tout à coup devant moi un grand diable d’Allemand, un déserteur sans doute, qui me met son revolver sous le nez en criant : “Brot, Wein !” (pain, vin), tout en me palpant pour s’assurer que je n’avais pas d’armes. Sans quitter son revolver, il but et mangea ce que je lui présentais. Ce ne fut pas tout : il prit un bain dans la baignoire de madame, puis changea de linge en enfilant une chemise de monsieur. J’en tremble encore ! …”

Pour revenir vers Compiègne, nous empruntons une autre route sillonnée de convois de blessés : charrettes de paysans réquisitionnées, voitures de livraison, etc. Deux grands boeufs traînent un tombereau rempli de paille sur laquelle gisent des turcos blessés.

22 septembre – Ce matin, par un temps délicieux, nous allons, par la route de Soissons, assister, des hauteurs de la forêt, au duel d’artillerie. Le chemin est encombré de réfugiés, femmes, enfants, vieillards, portant chacun de pauvres hardes soustraites au pillage. Leur regard reflète encore l’épouvante, et ils se hâtent vers le lieu où ils pourront enfin se reposer.

Nous quittons la route pour gravir, à droite, le mont Saint-Marc, du haut duquel nous apercevons, au loin, les batteries françaises. A l’horizon, à 15 kilomètres à peine, l’ennemi est posté, depuis dix jours, retranché formidablement dans d’immenses carrières. Les canons font rage ; les flocons de fumée blanche apparaissent constamment, indiquent l’endroit où l’obus éclate. La fumée des obus allemands est plus volumineuse et plus grise, mais leurs projectiles explosent généralement trop haut et font beaucoup moins de mal que ceux de notre 75.

Au loin, on distingue nettement la cathédrale et la ville de Noyon, encore aux mains de l’ennemi.

A la descente, arrêt devant l’ambulance n° 1 du …corps, installée dans une clairière, près d’un talus de la voie ferrée. Deux grandes tentes abritent les blessés les plus atteints ; les autres, chasseurs d’Afrique, Zouaves, Turcos, sont au dehors, étendus ou assis sur la paille, fumant et dormant. La soupe chauffe en plein vent ; les chevaux des cantines broutent l’herbe grasse.

Une voiture s’arrête ; on en descend avec précaution un turco affaissé ; les brancardiers le déposent sur une civière, aussitôt placée sur un tréteau. Le major, en blouse blanche, défait le pansement tout sanglant : le mollet apparaît à demi arraché par un éclat d’obus. Un badigeon de teinture d’iode sur cette affreuse plaie, et vite à un autre, car il en arrive d’autres de la proche ligne de feu.

Un lieutenant tient sa main blessée dans l’entre-baillement de sa vareuse ; on accourt… “Non, pas encore, quand mes hommes seront pansés.” Et il continue sa promenade de long en large, en serrant les dents.

 

23 septembre – Nous allons essayer de gagner le front. De bon matin, nous longeons les bords du canal de l’Oise, où sont amarrées des péniches aux couleurs gaies ; l’air est ensoleillé et doux ; le spectacle serait délicieux si le bruit du canon ne se faisait entendre.

A la tête d’un pont obstrué par une barricade en planches, un officier de chasseurs nous arrête :  interdiction absolue d’aller à bicyclette, la zone étant dangereuse. Nous poursuivons à pied notre chemin, à nos risques et périls.

A T…, dans une auberge presque déserte, c’est tout juste si l’on peut nous donner un peu de vin. Nous possédons heureusement encore une boîte de sardines. La brave aubergiste nous sert en tremblant ; on parle d’un mouvement offensif des Allemands. Pourtant un habitant de R… va essayer de rentrer chez lui ; nous le suivons. Voici les approches de la ligne de feu. Un prêtre ayant le brassard de la Croix-Rouge se joint à nous.

Sur notre droite, une batterie de notre 75, dissimulée derrière des épaulements de terre, reste silencieuse ; nous la dépassons bientôt, et nous nous arrêtons devant le double poste de B… [infra note 1]. Un officier de dragons lit attentivement nos papiers. Soudain éclate une détonation formidable, suivie de plusieurs autres, coup sur coup. Nous courbons le dos et la tête, à la joie des soldats du poste. C’est notre 75 qui entre en action.

Tandis que le lieutenant nous présente au commandant G…, un chasseur d’Afrique arrive, suivi d’un autre à pied, sans coiffure, l’uniforme souillé de terre, la tête ensanglantée et tuméfiée.

“Mon commandant, dit ce dernier, nous étions tous deux en patrouille, lorsque des Boches invisibles nous envoyèrent des coups de fusil. Mon cheval s’effondre, tué net ; je roule à terre ; mon camarade pique des deux ; étourdi, je me relève ; les Boches m’ont “coursé”, mais ils allaient moins vite que moi, à cause de leurs sacs et me voilà.” – “Va te faire panser, mon garçon”, dit le commandant. – “Oh ! ce n’est pas la peine, réplique le brave petit chasseur, je vais me laver la figure ; mais c’est mon cheval que je regrette !”.

L’autorisation nous est accordée de visiter le château de B…[infra note 1]. L’action y fut des plus chaudes, il y a trois jours. L’allée d’honneur est encombrée de fusils brisés, de cartouchières vides. Sur la terre, de larges taches de sang séché. Derrière la grande grille se trouvaient encore, il y a deux jours, des cadavres de Français et d’Allemands, côte à côte ; des chevaux éventrés obstruaient l’entrée. L’ennemi, retranché dans le château, avait résisté ; il avait fallu le prendre entre deux feux pour en venir à bout, après une lutte acharnée.

Nous entrons, déjà forts émus par ce que nous avions vu au dehors. Dans le grand salon, quel inoubliable spectacle ; les grandes glaces sont étoilées par les balles ; les meubles sont éventrés ; par terre, des matelas, des sommiers, inondés de sang. Sur des fauteuils Louis XIII, des fantassins blessés sommeillent ; d’autres, de leur main valide, écrivent des lettres, sur des tables dorées. Un vrai tableau à la de Neuville !

Nous montons au premier ; voici la chambre de la châtelaine ; un obus a crevé le plafond et la cloison ; l’armoire à glace est zébrée de cassures ; le lit est défoncé ; les tiroirs ouverts des commodes laissent échapper des lambeaux de linge fin ; des dentelles déchirées, des peignes d’écaille brisés gisent avec des cartouches au milieu des plâtras. Tout cela, pêle-mêle, dans un désordre inexprimable ; et, au milieu de ce désastre, sur la cheminée, une terre cuite intacte, la Flore, de Carpeaux, qui semble sourire à cette scène de dévastation.

On nous fait remarquer, dans une autre pièce, un boulet russe portant cette inscription : “Trouvé dans le parc de Bethancourt en 1814”. A côté du boulet historique nos officiers ont placé un obus allemand avec la date : “1914”.

Dans le parc, des tranchées creusent les belles pelouses. Au détour d’une allée, une maisonnette, grande ouverte, laisse voir des jouets d’enfants ; des poupées dorment sagement dans des lits à rideaux près d’un minuscule ménage de porcelaine. Dehors, sur un tertre, un petit fourneau où cuisait probablement le diner des poupées quand les mamans apeurées vinrent prendre les chers enfants dans leurs bras pour les emporter loin des barbares.

La mitraille a respecté ces petits riens, tandis qu’à vingt mètres de là un obus allemand tombait sur un kiosque où s’abritait un poste de dix hommes qui tous furent tués ou blessés mortellement. L’aspect est terrifiant : les morts ont été pieusement enterrés, mais on voit encore des débris informes de sacs, de gamelles, des képis lacérés, des lambeaux sanglants d’uniforme. Je ramasse un fragment de canon de fusil tordu en arc. Tous ces vestiges sont recouverts de cendre grise produite par la déflagration des gaz de l’obus.

À ce moment, l’officier qui nous guidait nous quitta pour interroger deux prisonniers. Ils avaient l’air placide et rassuré et se montraient pleins de déférence pour ce chef qui les questionnait en allemand, avec douceur.

Un aide-major partait avec ses infirmiers, pour rejoindre son poste, sur la ligne de feu ; nous le suivîmes. En passant dans un chemin creux ravagé par la bataille il nous montra à droite la carcasse d’un aéroplane allemand à demi calciné. Descendu par nos balles entre nos lignes et celles de l’ennemi, il s’accrocha à un petit pommier, amortissant ainsi la chute de l’aviateur qui sauta au moment où son appareil s’enflammait ; l’Allemand s’enfuit alors vers ses lignes et put s’échapper, malgré nos coups de feu.

Nous pénétrons dans le petit village de C… par un passage étroit, entre des charrettes culbutées et formant barricade. Les moindres issues sont gardées, les Allemands étant proches. Après avoir gravi les flancs rocheux d’une colline, nous découvrons brusquement l’emplacement du dernier combat. Le sol est couvert de cartouches ; les rochers sont fendus, écornés par les obus et les balles ; des branches d’arbres pendent lamentablement. Mais voici des cadavres allongés, raidis dans leurs uniformes souillés de terre et de sang. La lutte a dû être sauvage, car les nôtres sont presque côte à côte avec les Allemands. Nous nous découvrons en silence devant nos morts glorieux. Le soleil, très bas, projette ses derniers rayons. Une fosse a été creusée par une équipe de paysans réquisitionnés. On entassé les cadavres, sans les dévêtir, après avoir retiré de leurs poches de menus objets et des lettres qu’on place dans leur mouchoir noué et qu’on déposera à la mairie.

Nous nous disposions à prendre quelques croquis quand des balles passent au-dessus de nos têtes. L’aide-major nous invite à nous retirer, en nous assurant qu’il ne tient pas à nous reconduire sur un brancard. Il faut regagner le château ; la nuit est proche. Nous prenons congé des officiers, mais nos adieux sont interrompus par des détonations formidables… “Ça, c’est pour nous, disent ces braves, c’est l’heure des obus allemands ; dépêchez-vous !”

A partir de 6 heures, il est interdit de circuler sur les routes. Un lieutenant nous accompagna à 3 kilomètres de là, vers M…. Nuit noire. Nous suivons une patrouille encadrant, baïonnette au canon, une troupe de suspects. Après des “Qui vive !” impressionnants, un officier vient reconnaître notre groupe. Il nous interroge fort poliment, mais à la lecture de nos papiers sa figure devient grave. Nous ne devions pas franchir les lignes. Il doit exécuter les ordres qu’il a reçus. A son grand regret, il nous retient donc prisonniers et s’en va rédiger son rapport pour le quartier-général.

Deux gendarmes, qui nous surveillent, consentent à nous mener à l’auberge où nous ne trouvons d’ailleurs plus rien à manger. Nous sommes transis, non de peur, mais de froid. A la demande de nos gardiens, un reste de soupe nous est servi, au milieu des chuchotements… des “espions, sans doute !” Il nous faut monter dans un grenier, au-dessus du corps de garde. On nous a gratifiés de deux matelas nus. Les gendarmes s’apprêtent à se coucher sur la paille, mais nous les engageons à prendre un des matelas. Ils acceptant, remercient et… ne tardent pas à ronfler.

… Le lendemain nous étions libérés. Nous prenions à Compiègne l’unique train partant pour Paris, tout émus de ces visions à la fois héroïques et tristes, mais aussi d’une tragique beauté.

                                                                                                                                      Julien TINAYRE infra note 1: vraisemblablement Bailly

infra note 2: Choisy au Bac

 

Dessins et texte de Julien et Louis Tinayre parus dans L'illustration du 16 janvier 1915 (N° 3750).

La page référencée 62 (collection de l'association)

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Les détails dessinés par Louis Tinayre

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Le colonel A...

Une chambre du château de B. [infra note 3]. Dessin de Louis Tinayre.

, observant au périscope, de sa tranchée de première ligne, les tranchées ennemies. Dessin de Louis Tinayre.

 

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Ce que voit le colonel A... [infra note 3] et ce que le dessinateur a vu après lui: un terrain labouré par les projectiles, des morts allemands, des réseaux de fils de fer, un remblai. Dessin de Louis Tinayre.

 

LE PERISCOPE DE TRANCHEE

Le péricope si utile dans cette guerre de taupes, puisqu’il permet de voir ce qui se passe à l’extérieur, tandis que l’on reste bien à l’abri dans la tranchée, est un appareil des plus simples : un tuyau de bois, de section carrée, percé à ses extrémités, sur deux faces opposées, de fenêtres dans lesquelles s’insèrent deux miroirs inclinés à 45 degrés, se réfléchissant l’un dans l’autre, et c’est tout.

Le colonel A…[infra note 3] qui nous faisait, l’autre jour, les honneurs de sa tranchée, nous passa un moment celui dont il venait de se servir. Lentement, sournoisement, avec d’infinies précautions, nous l’élevons un peu au-dessus du parapet de terre jusqu’à ce que nous voyions nettement apparaître dans l’étroite glace inférieure la tranchée ennemie, à moins de 100 mètres de la nôtre.

Un terrain désolé, labouré par les projectiles. Sur le ciel se profile la broussaille des fils de fer barbelés enchevêtrés entre les pieux ; puis, immédiatement, un long remblai jaunâtre régulièrement strié de traits noirs et minces : c’est la tranchée allemande, et les traits noirs sont les créneaux par où l’ennemi tire sur les nôtres, fentes en hauteur pour les mausers, fentes en largeur pour les mitrailleuses. Çà et là, éparses, des masses informes, loques grisâtres et affaissées : ce sont des cadavres allemands, abandonnés depuis longtemps et qui semblent déjà faire corps avec la terre.

Vision lugubre, dont le dramatique est rendu plus intense par le silence de mort qui plane en ce moment, silence angoissant et redoutable, silence traître, qui serait vite coupé par le sifflement des balles meurtrières si l’on avait le malheur de se fier à lui en se découvrant tant soit peu en un geste imprudent…

Julien Tinayre

infra note 3: le colonel Auroux du 60e R. I.

 

Dessin et texte de Julien et Louis Tinayre parus dans L'illustration du 23 janvier 1915 (N° 3751).

Les 2 pages référencées 73 et 74 (collection de l'association)

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La gravure de Louis Tinayre de la page 74, dont Monsieur Batut-Dajean possède l'original.

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Repos bien gagné: un cantonnement d'infanterie française dans une carrière du Soissonnais. Dessin de Louis Tinayre

 

DANS LES CARRIERES

(voir la gravure page 74)

C’est dans la région de l’Aisne, où l’ennemi s’est accroché depuis des mois aux falaises rocheuses. Nos troupes lui ont pris, bon gré mal gré, ses méthodes et sa tactique de taupe. En face de lui, autant et mieux que lui, elles sont adaptées à l’étrange vie souterraine des troglodytes.

… Guidés par le capitaine R…, nous suivons, sous le triste ciel gris, un petit sentier, à flanc de coteau, parmi les tombes. La pente est roide. Un village en ruines semble très bas, sous nos pieds. Un tournant brusque, et voici qu’une gueule sombre s’ouvre devant nous, dans un chaos de blocs de pierre… La grande carrière est là. Elle a vomi la horde allemande qui s’était réfugiée en elle, aux jours de la retraite de septembre. Des combats acharnés l’ont délivrée, et elle abrite maintenant deux compagnies d’infanterie française… Malgré tous leurs efforts, les Allemands n’ont pu regagner de terrain, de ce côté de Soissons.

Déjà la nuit monte de la vallée et la bouche de la caverne, toute noire, donne l’idée d’épaisses ténèbres intérieures. Mais après que, dans un murmure, l’officier a donné le mot à la sentinelle, dès nos premiers pas sous la voûte, nous percevons une vague lueur rougeoyante. Comme dans les catacombes romaines, des galeries s’ouvrent ; l’allée principale se ramifie en couloirs irréguliers qui descendent jusqu’aux salles profondes. Un bruit de voix confuses se fait plus distinct. Nous approchons.

Voici, à notre droite, une mauvaise porte à loquet qui ferme le « cercle » des officiers, espèce de grotte où l’on mange, où l’on dort, où l’on travaille, où l’on cause. Mobilier sommaire : une longue table qui sert à tout, qui supporte également les papiers du « rapport », les assiettes et les ustensiles du barbier. Un poêle dans un coin, devant une fenêtre à châssis. Au fond, surmontant des gradins irréguliers, une vaste niche-dortoir bien garnie de paille. Le capitaine a les privilèges de son grade : il possède un matelas, ce sybarite !... Le premier lieutenant doit se contenter d’un sommier. Les autres officiers s’allongent sur des peux de moutons. Et chacun est satisfait de son lot.

A gauche, la cambuse des fourriers, où  le téléphone est comme la pointe du nerf sensible qui  relie le cantonnement à la brigade et transmet la pensée du chef. Les sous-officiers peuvent se chauffer voluptueusement devant une large cheminée qu’un feu de bois vert emplit de flammes joyeuses et d’âcre fumée. Dehors, la carrière porte la marque noirâtre de cette haleine chaude qu’elle exhale nuit et jour. Dedans, il fait tiède, il fait bon. Si, parfois, la fumée « refoule » et pique les yeux, c’est que la cheminée ignore les ramoneurs. Les raffinements de la civilisation sont inconnus chez les troglodytes de l’Aisne, et croyez qu’ils s’en passent fort bien. Un abri sec, de la paille, quelques meubles, du feu, c’est le grand luxe pour ceux qui reviennent des tranchées.

A l’issue d’un couloir, soudain, apparaît une des grandes salles. Sur la paille, abondamment jetée, des hommes reposent déjà… C’est la compagnie qui a veillé et combattu dans les tranchées de première ligne. Les soldats ont sombré dans le sommeil comme des enfants fatigués.

D’autres jouent aux cartes. Des bougies piquées çà et là éclairent leurs visages naïfs et rudes. Quelques-uns, profitant d’un rai de lumière, écrivent, ayant leur sac pour pupitre, sur les genoux. La petite flamme jaune oscille et, contre les toiles tendues, qui séparent les chambrées, les ombres s’allongent démesurément. Vison fantastique, tableau où les noirs, les clairs-obscurs et les lumières semblent composés par le génie attentif d’un Rembrandt : figures accentuées frappées d’un reflet aux saillies, corps vagues allongés dans la pénombre ; fugitifs éclairs sur les canons des fusils et la rondeur des gamelles… Ici, par l’arrangement heureux, par l’intensité de l’expression, par le mystère même qui enveloppe les formes et les âmes, la réalité atteint à la perfection de l’art.

                                                                                                                                                             Julien Tinayre

 

Dessin de Louis Tinayre parus dans L'illustration du 18 mai 1918 (N° 3924).

Le bas de page référencée 8 au sein de 3 pages du Salon des artistes (collection de l'association).

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Dessin de Louis Tinayre. La messe de minuit dans la carrière de Confrécourt (24 décembre 1914).

 

Pour terminer cet article, nous vous présentons les tentatives de localisation du dessinateur implanté dans "la carrière de Confrécourt, 1er janvier 1915" lorsqu'il réalisa sa grande oeuvre.

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En présence de Alain Batut-Dajean, L'illustration (plus légère et moins encombrante que l'oeuvre originale apportée) sous les yeux, les membres de Soissonnais présentent la perspective en carrière,à ce jour la plus plausible, de positionnement du dessinateur.

 

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L'hypothèse la meilleure est à ce jour celle de la carrière de l'hôpital. Les effondrements y laissent encore présent aujourd'hui un beau volume, cohérent avec le dessin. On peut envisager le dessinateur placé à l'emplacement de la croix violette sur ce plan (dessin d'Hervé Vatel). Face à lui le pilier central qu'il dessine serait alors une adaptation à la réalité en isolant de la masse l'angle de la paroi qui se détache bien ici (pour rendre une perspective plus équilibrée à son oeuvre et manifester ce qu'il observe partout ailleurs dans les salles souterraines fourmillant de piliers); en arrière-plan sur son dessin avec une scènette individualisée éclairée à la bougie, la salle terminale avec surélévation toujours présente aujourd'hui.

 

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Les points de similitudes entre le dessin et ce site souterrain sont nombreux pour la formulation de cette hypothèse.

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On pourrait peut-être aussi songer aux parties effondrées de cette carrière, dans une perspective inversée, avec ici sur la photo, en arrière-plan le jour de l'entrée actuelle clôturée (carrière fermée pour raison de sécurité et non proposée à la visite). Les repères peuvent sembler moins nombreux et la scène représentée au loin moins plausible.

 

D'autres hypothèses de positionnement ont été vérifiées et ne sont pas ici proposées puisqu'elles ne coïncident pas. La carrière du 1er Zouaves, dessinée en revanche pour le Noël 1914, n'est assurément pas le site dessiné ici puisque les rares espaces de beau volume s'y situant ne correspondent pas du tout.

 

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Date de création : 04/08/2017 @ 12:34
Dernière modification : 16/08/2017 @ 18:21
Catégorie : Des actions variées

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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par Sylvie le 16/08/2017 @ 18:13

bonjour,

un article clair, avec des photos parlantes et de magnifiques gros plans. Merci pour vos mises en situation et votre mise en page, et les croquis qui les accompagnent. J'ai particulièrement apprécié les schémas qui resituent les lieux et mettent en miroir gravure et photographie actuelle  de la carrière. J'ai également apprécié l'hommage rendu aux personnes qui participent à l'aventure des Soissonnais 14-18. Il y a du vivant et un aller-retour passé-présent qui reflète un devoir de mémoire qui leur tient tant à coeur.


Sylvie Cabot


Réaction n°1 

par Alain Batut-Dajean le 04/08/2017 @ 19:24

Bonjour, 

Suite à notre entretien téléphonique, je vous envoie le dessin d'une troupe au repos fait par mon arrière grand père maternel Louis Tinayre.

Quand je l'ai apporté à la grande collecte, pour le numériser, il a été enlevé de son cadre et figurait au dos qu'il s'agissait des carrières de Confrécourt.

(3 janvier 2017)

 

Bonjour,

Comme promis, je vous transmets, en pièces jointes, de nouveaux dessins de mon aïeul et écrits de son frère. Ma recherche a été fructueuse.

Si vous souhaitez plus de détail sur mon aïeul et sa mère, je suis à votre disposition.

(27 janvier 2017)

 

Bonsoir,

Je vous remercie de votre mail enthousiaste!

Je vous communique en pièce jointe une photo de mon arrière-grand-père.

J'ai pris bonne note qu'il serait possible d'organiser une visite de ces carrières pour mon groupe d'amis (10/12 personnes) mi-juin 2017.

(21 mars 17)

 Sincèrement.

Alain Batut-Dajean

 

Bravo pour votre article.
Je suis heureux d'avoir pu contribuer à vos recherches et à l'histoire de cette grande guerre qui me passionne aussi à ma modeste échelle! 
(6 août 2017)
Amitiés 
Alain Batut Dajean

 


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