Les Carrières - JLPamart livre bataille contre les pilleurs des carrières de la Grande Guerre

JEAN-LUC PAMART A LIVRE BATAILLE CONTRE LES PILLEURS DES CARRIERES DE LA GRANDE GUERRE

jlp_pilleurs.jpg

Publié le 3 janvier 2018, par Julien Assailly

union.jpg

Un trésor dans l’ombre des anciennes carrières du Soissonnais. C’est là qu’ont vécu les Poilus, à l’arrière du front. Leurs traces sont aussi riches que nombreuses.

L’ESSENTIEL :

Jean-Luc Pamart, 66 ans, est agriculteur à Nouvron-Vingré entre Soissons et Vic-sur-Aisne

Il a cofondé l’association Soissonnais 14-18 en 1986 afin de protéger et de mettre en valeur les carrières où ont vécu les Poilus durant la Grande Guerre, ainsi que l’ensemble des lieux de commémorations de ce conflit dans le Soissonnais.

Les soldats ont laissé de nombreuses traces de leur passage : gravures, bas-reliefs, chapelles taillées dans la pierre.

 

Durant son enfance, les carrières de Nouvron-Vingré, Berny-Rivière et des alentours, c’était son terrain de jeux. « On faisait des jeux de pistes à l’intérieur. Plus tard, on emmenait les filles… » rigole Jean-Luc Pamart, président de l’association Soissonnais 14-18 et protecteur de ces cavités souterraines creusées au Moyen Âge où les soldats de la Grande Guerre sont venus tuer le temps avant de repartir dans les tranchées qui se situaient juste au-dessus. « Il y avait à l’intérieur plein d’objets de l’époque : chaussures, boîtes, papiers… Les lieux avaient été laissés tel quel après le conflit sans jamais avoir été nettoyés ».

 

LES EQUIPES DE PILLEURS DEMANTELÉES

Vingt ans après, au début des années 1980, l’agriculteur a découvert brusquement que ce terrain de jeux était un patrimoine inestimable. « Je suis tombé nez à nez avec une équipe qui découpait des bas-reliefs. Je les ai fait fuir et j’ai découvert qu’il y avait un vrai trafic avec des équipes organisées ». Les sculptures, gravures et autres empreintes laissées sur les murs par les humbles soldats s’avéraient être des « œuvres ». « Il y a eu beaucoup de dégâts, surtout dans le secteur du Chemin des Dames. »

Sur les murs des centaines de carrières du secteur, situées principalement sur l’axe Noyon-Soissons, on trouve ainsi : le nom du régiment des combattants, les noms des morts, les objets importants pour leur vie quotidienne : le « jus », le « pinard » et le « rata », un buste de Marianne, ou encore un obus sculpté dans la roche… Mais il y a aussi une trentaine de chapelles parfois magnifiques, à l’image de celle située dans la carrière du « 1er Zouave » à Nouvron-Vingré.

Face aux pillages, la première réaction de Jean-Luc Pamart et d’une poignée de fondateurs de Soissonnais 14-18 a été de dénoncer les faits aux forces de l’ordre. « Des opérations ont été montées et les équipes, qui venaient principalement de Belgique apparemment, ont pu être démantelées », se souvient Jean-Luc-Pamart.

Dans la foulée, l’association Soissonnais 14-18 a été créée en 1986, afin de protéger ce précieux patrimoine et d’en faire l’inventaire le plus exhaustif possible. « On a commencé par protéger les entrées de certaines carrières avec des grilles fermées. »

En presque trente ans, les membres de l’association ont exploré près de 600 carrières et souterrains dans le Soissonnais. Si « 95 % du patrimoine » entre Soissons et Vic-sur-Aisne a été inventorié, selon Jean-Luc Pamart, « on a toujours de bonnes surprises. Parfois, dans les souterrains, on est les premiers à repasser par là depuis la guerre. On fait alors de belles découvertes mais on espère surtout ne pas tomber sur un cadavre ».

L’association protège ces trésors de guerre mais agit aussi pour les faire connaître. Des visites sont ainsi organisées aux carrières de Confrécourt à Nouvron-Vingré régulièrement.

 

 

DES CHANTIERS D’INSERTION POUR RÉNOVER LES CARRIÈRES

 

Les bruits de scie et de marteau résonnaient courant décembre dans la chapelle des Bretons, située dans l’une des carrières de Confrécourt. De jeunes Soissonnais y réalisaient de la taille de pierre pour reconstruire un muret en pierre. Depuis plusieurs années, l’association Soissonnais 14-18, présidée par Jean-Luc Pamart, rénove le patrimoine de la Grande Guerre situé autour de Vic-sur-Aisne et Soissons, dont font partie les carrières. Ce programme de rénovation est mené avec l’association « Un Château pour l’emploi », de Coucy-le-Château, et financé notamment par les collectivités, comme la communauté d’agglomération de Soissons, et l’État. Depuis le début de l’opération, plusieurs dizaines de jeunes ont pu être accueillies pour des contrats d’une durée quatre à six mois. Des monuments situés à Allemant, Filain, Ostel, Chavignon, Pargny-Filain ont pu ainsi bénéficier de soins. Tout comme ceux de Terny-Sorny, Villemontoire, Chaudun ou encore Faverolles. À l’issue de ces contrats, une bonne partie des jeunes s’est orientée vers une formation pour pouvoir signer un contrat en CDI ou en CDD dans des entreprises.

 

 

jlp_pilleurs2.jpg

chnatiers_inser.jpg

logo2016_association.jpg


Date de création : 31/01/2018 @ 21:18
Dernière modification : 31/01/2018 @ 21:36
Catégorie : Les Carrières

Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


^ Haut ^