Des lieux de combat - Les tranchées du plateau soissonnais

Les tranchées sillonnaient le plateau face de la ferme de Confrécourt.

Voici des clichés pris sur Vingré.

 

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Français, Allemands, tous s'enterrent comme des taupes sur les plateaux du Soissonnais. Tranchées de 2,5 m de profondeur, cagnas de 8 à 9 m et entre les 2 lignes, un réseau de barbelés que chaque adversaire cherche à détruire. Les Allemands en territoire conquis, s'installent avec eau courante, électricité et cela en première ligne au Sud de Morsain. Pour les Français, les ordres sont de reconquérir le Nord de la France et il est donc inutile de s'installer "luxueusement"...

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1er Couplet

 

Refrain

Du côté d'Vic sur Aisne,

Dans les tranchées d'Vingré

Les Français, les Teutons

On vient de s'installer;

Au travers de la plaine

Avec un peu de tabac dans les poches

Se flanquent des coups d'canon

 

On s'fout pas mal d'être

Pendant le jour

Aussi près de Boches;

Chacun son tour

S'ils envoient une marmite,

Depuis les tranchées on s'fu

 

sille,

On leur répond bien vite;

Oui, mais le soir

Le 75 se met à cracher

Quand il fait noir,

Sur les tranchées d'Vingré !

Chacun voudrait dormir tranquille

 

Chanson du 170 R.I dans les Tranchées 
   (sur l'air de "Sous les ponts de Paris")

 

 

"3 jours à Vingré, dans des maisons démolies où sont installées les popotes, 3 jours en ligne sur le plateau, à la côte 150, et ainsi de suite. Les hommes de garde sont massés par moitié aux créneaux et dans les abris. La bataille se limite à quelques cartons sur les ranchées d'en face et quelques échanges de crapouillots contre minenwerfer. Nous faisions bon ménage avec les Fritz. Nous correspondions à la voix, ils nous envoyaient des journaux allemands dans des bouteilles, nous leur renvoyions des journaux français..."

L. Cattois du 42 R.I

 

"La boue, la voici, la vraie, la seule gadoue! Partout nous en avons jusqu'aux genoux. La guerre n'est pas le seul ennemi du poilu. Tous les récits de la boue, véritable problème dans des tranchées creusées dans le limon des plateaux, et cela dans un labyrinthe de boyaux. Notre consolation, c'est de penser que si les Boches s'aventuraient là-dedans en nous attaquant, il n'en reviendrait pas un seul à Berlin. Les ordres nous sont parvenus d'installer des liaisons par coureur dans les boyaux. Nous répondons par une fin de non recevoir; vu que nos coureurs ne savent pas nager."

 

 

 Lieutemant Etévé du 417 R.I.

 

Plus loin, le lieutenant du 417 R.I précise:

"Ce matin, j'ai eu la frousse d'avoir des pieds gelés dans ma section. Il y avait sur la gadoue une couche de glace qu'on brisait en avançant.... La compagnie d'à-côté a perdu un homme enlisé dans un boyau."

 

"Les hommes sont très fatigués, couverts de boue et leurs effets ont pris la teinte des champs de betteraves. Ah! ces betteraves! Les aura-t-on assez vues par la tête et par les racines! Celles qui sont montées en tige reçoivent des coups de fusils nombreux pendant la nuit; balancées par le vent, elles semblent marcher... Hallucinations!"

Georges Thivel, Lieutenant au 298 R.I.

                             

De Septembre 1914 à Janvier 1915, les Français refusent la stabilisation du front et les attaques seront incessantes, meurtrières, sans préparation d'artillerie, sans résultat, "On les grignote" dira Joffre. Le  12 Novembre 1914, les Français attaquent sur Morsain, sans troupe de réserve ni préparation d'artillerie suffisante. C'est un échec. Les pertes sont considérables et cela malgré des actes héroïques:

"Au moment de l'assaut, un prêtre, le sergent Humbert, se dresse dans la tranchée et avertit ses hommes qu'il va leur donner l'absolution de leurs pêchés. Après avoir prononcé la formule sacramentelle, il s'élance en disant: Et maintenant mes amis, allons-y gaiement. Il tombe peu après atteint d'une balle"

Livre d'or du 60 R.I.

 

"Tout à coup, un guetteur d'un poste d'écoute signale un mouvement insolite; presque au même instant, les Boches sortent de leur ligne. Notre feu est déclenché, la voix du 75 se mêle au concert. Tous nos hommes délaissent les créneaux pour tirer librement par dessus le parapet. La ruée de l'ennemi se produit surtout du côté du réseau qui a été détérioré les jours précédents. Les premiers rangs ennemis sont fauchés avant de parvenir au réseau. Les rangs suivants hésitent. On voit les Boches tourbillonner sous les balles. Plusieurs atteignent nos fils de fer et s'y cramponnent pour les arracher, les cisailler. Empêtrés dans les barbelés, ils ne peuvent plus ni avancer ni reculer. Blessés, ils y restent, poussant des cris d'épouvante et de douleur"

Sergent Lefèvre

 

Il est inutile de rappeler qu'en 4 mois de guerre (Août à Novembre 1914) les Français ont 450 000 hommes tués soit un tiers des pertes totales de la guerre.

"Le soir, je fais une patrouille sur la route de Nouvron et je vais jusqu'au calvaire au delà de nos tranchées. Quelle tristesse que ce calvaire brisé par les obus, les quelques arbres hachés par la mitraille, des morts partout. Au pied du socle, comme l'embrassant, trois chasseurs morts sont appuyés ! Ce sont nos libérateurs du 20 Septembre qui ont péri en venant à notre secours.

Ce calvaire, ces morts, avec le soleil du couchant dans le fond, formaient un tableau terrible de guerre. Ne vivons-nous pas ces derniers jours de Septembre au milieu d'un véritable charnier."

Commandant G. Thivel - 298 R.I

 

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Calvaire de la Croix brisée près de la Ferme de Confrécourt

 

Un charnier sera creusé devant la ferme de Confrécourt pour ensevelir plus de 500 soldats français et allemands. Puis 2 cimetières accueilleront au pied de la ferme les morts du plateau. Pourtant que de risque pour rechercher un corps.


Date de création : 13/06/2012 @ 13:32
Dernière modification : 11/06/2014 @ 20:41
Catégorie : Des lieux de combat

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Réactions à cet article


Réaction n°1 

par Ranty le 12/11/2013 @ 16:03

Bonjour
Dans le cadre du centenaire de la Grande guerre, je fais une recherche concernant les soldats de mon village, Villiers sur tholon dans l'Yonne.
Pour l'un d'entre eux Renon Maurice, sa tombe porte la mention
décédé à Cuffy (Cuffies) le 29/10/1914.

Pouvez-vous me fournir des renseignements sur la guerre de tranchées plus précisement à Cuffies et quelles troupes y ont été engagées, à cette date.

Merci d'avance


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