Les Carrières - 1. Quel patrimoine?

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Dès le 16 Septembre 1914, les médecins et infirmiers du 216e R.I. s'installent dans les carrières de Confrécourt où l'on compte près de 400 blessés couchés à même la paille dans la carrière de "l'hôpital" et plus de 300 dans la creute baptisée plus tard "Carrière du 1er Zouaves"...

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"C'est dans la région de l'Aisne, où l'ennemi s'est accroché depuis des mois aux falaises rocheuses. En face de lui, autant et mieux que lui, nos troupes se sont adaptées à l'étrange vie souterraine des troglodytes... Un tournant brusque et voici qu'une gueule sombre s'ouvre devant nous, dans un chaos de blocs de pierres. La grande carrière est là. Elle abrite maintenant 2 compagnies d'infanterie française.

Comme dans les catacombes romaines, des galeries s'ouvrent. L'allée principale se ramifie en couloirs irréguliers qui descendent jusqu'aux salles profondes, voici à notre droite le cercle des officiers, à gauche la cambuse du fourrier... Un abri sec, de la paille, quelques meubles, du feu, c'est le grand luxe pour ceux qui reviennent des tranchées. A l'issue d'un couloir, soudain apparaît une des grandes salles.

Sur la paille, abondamment jetée, des hommes reposent déjà. C'est la compagnie qui a veillé et combattu dans les tranchées de première ligne. Les soldats ont sombré dans le sommeil... D'autres jouent aux cartes. Des bougies piquées ça et là éclairent leur visage... Quelques-uns profitant d'un rai de lumière, écrivent, ayant leur sac comme pupitre sur les genoux."

Julien Tinayre, le 23 Janvier 1915 dans l'Illustration

 

 

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Entrée de la carrière du 1er Zouaves

 

 

" J'ai revu avec émotion la place où j'ai couché pendant 4 mois sur une paille hachée, jamais renouvelée, pleine de vermine, cette paille avait servi aux Allemands puis aux 298 et 238 R.I."

Capitaine Gradet du 42 R.I.

"Nous allons en réserve dans une carrière de pierre, éclairée à l'acétylène. Malheureusement dans ces cavernes, tout n'est pas drôle, la vermine nous dévore, poux, puces, rats, souris pullulent. De plus, c'est très humide et beaucoup de soldats tombent malades."

A. Lavollé du 4ème Cuirassiers

"Il y avait beaucoup de joueurs aux cartes, d'autres qui les regardaient, d'autres qui travaillaient des douilles d'obus pour en faire des vases, on avait aussi le temps d'écrire à sa famille."

Un soldat du 170 R.I.

 

 

 

 

 

 

 

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A l'abri des carrières

Comm'des vautours

Les Boches ont résolu,

Ils s'enferment dans leurs repairs,

De n'pas montrer leur blairs.

Mais quand vient l'soir

Quand on leur tire dessus

Et qu'il fait noir,

Pendant le jour

Ils changent tout à fait d'manière.

 

 

3ème couplet de la chanson du 170 R.I. dans les tranchées

(sur l'air de "Sous les ponts de Paris")

 

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(dessin de Louis Tinayre présentant des scènes de vie dans les carrières du Soissonnais, confirmées en 2017 comme celles de Confrécourt)

 

La célébration de la messe de minuit 1914  devant l'autel de l'aumônier militaire Paul Doncoeur à Nouvron-Vingré dans la carrière du 1er Zouaves.

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Date de création : 13/06/2012 @ 18:23
Dernière modification : 27/01/2017 @ 14:03
Catégorie : Les Carrières

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