Les Carrières - Le retour du Christ des Poilus

Le retour émouvant du Christ des Poilus

Article paru le 30 Juillet 2010 

 

logo.gif

CONFRÉCOURT (Aisne). Les derniers regards des Poilus avant de monter au front, près de Vic-sur-Aisne, étaient tournés vers lui. Statue de bois, le Christ de Confrécourt vient d'être retrouvé.

IL ressemble aux Poilus meurtris dans leur chair, ces gueules cassées, ne disposant en plus que d'un bout de corps. Il n'a plus de bras ni de pieds. Une plaie court sur son thorax et son visage. Le Christ de Confrécourt, une sculpture en bois datant du XXe siècle, est de retour.
Il avait disparu en 1955 et depuis plus personne n'espérait revoir cette pièce essentielle du patrimoine de la Grande Guerre dans l'Aisne. Comme souvent en pareil cas, elle reste modeste dans ses formes, peut même sembler banale. Elle a pourtant été essentielle à des milliers de combattants. « Le Christ, c'est le dernier regard des Poilus avant de monter au front par un petit escalier qui accède aux tranchées », raconte Jean-Luc Pamart, président de l'Association Soissonnais 14-18.
La statue avait été découverte dans la boue près de l'autel par des visiteurs parisiens qui l'ont conservée chez eux pendant toutes ces années. Sans en parler à personne.

Christ_Pamart.jpg
Plus de 80 ans après, le Christ a retrouvé sa place à l'autel des carrières de Confrécourt.
Christ_Poilus_2.jpg
Le Christ était vraiment indissociable de la vie des Poilus comme en témoigne cette image de 1916. 

Une réplique en résine
En avril dernier, les enfants de cette famille ont redonné le Christ à l'Association Soissonnais 14-18 lors d'une visite. « Ils l'ont sauvée, mais auraient pu la ramener vingt ans auparavant », tempère Jean-Luc Pamart. A ce moment, aucun reproche ne fuse dans la fraîche obscurité de la Carrière.
Au contraire, des applaudissements crépitent. Chacun mesure la magie de cet instant, l'importance de ce bout de bois pour ceux qui s'élançaient vers la mort. Sans nul doute, ils se raccrochaient à lui, l'imploraient. Désormais, le Christ est à l'abri. Il va demeurer non loin de tous ceux qui ont combattu ici. Mais l'humidité des carrières l'empêche d'y séjourner encore. Une réplique, en résine, va être réalisée, pour matérialiser cette présence. Le vrai Christ, en bois, tellement blessé, amputé, va soigner ses blessures dans le recueillement, loin du tumulte des hommes.
Textes et photos Thierry de LESTANG PARADE

Doncoeur6.jpg

Les soldats du 1er Zouaves posent en 1916 devant l'autel construit au printemps 1915 à la demande du Père Paul Doncoeur. Le Christ originel est bien visible sur cet autel dit "du Père Doncoeur".

Doncoeur5.png

Messe de minuit célébrée vraisemblablement le24 décembre 1915 devant l'autel du Père Doncoeur dans la carrière du 1er Zouaves de Confrécourt, proche de Berny-Rivière |comme le prétend la légende], sur la commune de Nouvron-Vingré. Le même Christ est bien visible sur l'autel du Père Doncoeur.

 


Date de création : 15/06/2012 @ 11:02
Dernière modification : 01/01/2017 @ 20:17
Catégorie : Les Carrières

Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


^ Haut ^