Mémoire - Tourisme de mémoire

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Il n'est pas rare que les descendants se fassent prendre en photo devant la tombe du soldat.

 

 

Tourisme de mémoire / Les Stéphanois affluent

Article publié le 19 août 2011

 

SOISSONS (Aisne) Si beaucoup partent vers le sud, certains, notamment de Saint-Etienne, font le voyage inverse pour retrouver la trace d'un ancêtre tombé en 14-18.

 

QUAND je vois des voitures immatriculées 42… », Jean-Luc Pamart sait bien qu'il ne s'agit pas d'une visite liée à son activité d'agriculteur, ni à une découverte de l'Aisne, mais plutôt à son association « Soissonnais 14-18 ». Elle aide les familles à retrouver la trace de leur ancêtre tombé sur le front. C'est le tourisme de mémoire ! Et des régiments provenant de la Loire ont été décimés, dans le secteur de Soissons, dont beaucoup à Nouvron-Vingré, où réside le président. « J'habite sur le champ de bataille », lance celui qui est intarissable sur le sujet : « A Confrécourt, les soldats commencent à mourir en septembre 14 ! »
Pas moins d'une famille par semaine fait irruption sur place, après avoir prévenu ou non. « Ils veulent savoir où est le corps. » Pas toujours évident… « Parfois, ils ont l'heureuse surprise de trouver son nom dans un cimetière », mais ce n'est pas la majorité des cas : « Quand il y avait un tué par jour, on arrivait encore à récupérer le corps et à l'enterrer… », à d'autres moments, c'était beaucoup plus compliqué ! « 20 000 Français sont morts ici. »


Internet situe Confrécourt


Créée il y a vingt-cinq ans, l'association de Jean-Luc Pamart est beaucoup plus sollicitée depuis l'avènement d'Internet. « Les familles avaient un certificat de décès mentionnant Confrécourt, mais elles ne savaient pas où c'était puisque ce n'est pas une commune ! » Les carrières du même nom reçoivent désormais du monde, notamment lors des visites guidées. « Une famille de Montbrison est venue dimanche dernier », racontait ainsi le président, évoquant même ces personnes venant et revenant. Après la première fois, souvent « ils amènent les enfants ». D'autres entretiennent une vraie relation avec l'association. « Tous les ans, je reçois un colis. »
Lorsque le nom du soldat ne figure pas dans le cimetière, une enquête débute, au résultat incertain, à base de documents, entre autres. « On visite les cimetières, les nécropoles, le champ de bataille, je leur donne des documents, notamment sur le jour où est mort leur ancêtre… »


« On a pleuré ensemble »


La famille, quant à elle, donne souvent la photo du soldat en question et Jean-Luc Pamart en est friand. Son rêve : créer un jour un musée, dans lequel une sorte de galerie de portraits serait la première chose visible aux visiteurs : « Ils nous accueilleraient. »
En attendant, c'est lui qui accueille les descendant. Et il s'attend à un rush, comme chaque année en septembre. Parfois « on a pleuré ensemble », confie-t-il, évoquant des souvenirs « touchants » comme lorsqu'une femme « a pris de la terre, près de la croix brisée, pour faire grandir un arbre avec la terre de Confrécourt ! »

 


Date de création : 20/06/2012 @ 14:12
Dernière modification : 30/06/2012 @ 11:57
Catégorie : Mémoire

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