Mémoire - Découverte d'ossements humains

Découverte d'ossements humains

dans un champ de Fontenoy

Publié le jeudi 10 mars 2011                                          

Il est tombé là, comme des centaines d'autres et vient de refaire surface. Les ossements d'un soldat  viennent d'être collectés  dans un champ de Fontenoy,  sur la ligne de front en 1914.

UNE position allemande sur le plateau, entre Fontenoy en bas et Nouvron au-dessus… il y a 97 ans. C'est un champ aujourd'hui, labouré et prêt pour la semence. Des endives peut-être bien. Un chemin agricole le traverse. Il existait déjà à l'époque. Et là, sous les yeux de l'agriculteur en promenade un dimanche après-midi, la terre ensanglantée jadis rend aux vivants quelques ossements. C'est un soldat allemand. « Nous l'avons tout de suite déduit grâce aux boutons et aux boucles que nous avons trouvés aussi », révèle Jean-Luc Pamart, président de l'association Soissonnais 14-18, dont le siège se trouve de l'autre côté du champ.
Des Poilus, des hommes et des gamins, il en remonte ici souvent. « Autour de nous, là, il y a un millier de Français, jauge le passionné de la Grande Guerre, ce soldat est très probablement mort entre le 13 et 20 septembre 1914. C'est ici qu'a eu lieu la bataille d'arrêt (pour bloquer l'offensive allemande, NDLR). Après, pendant trois ans, ça n'a quasiment plus bougé. »

Une truelle et une pelle

Comme il est de rigueur de le faire lors de pareille découverte, le maire et les gendarmes ont été alertés. Le service d'entretien des sépultures militaires allemandes également. « Ils sont au fort de la Malmaison », sur le Chemin des Dames. Pour résoudre une contrainte d'emploi du temps et rendre son champ sans trop tarder à l'exploitant agricole, c'est l'office des sépultures français, du ministère de la défense, qui s'est déplacé mardi pour recueillir les ossements et poursuivre les recherches. Sur le bord du chemin, à genoux, Fabien Lefevre et Denis Venant, combinaison blanche sur le dos comme les experts de la police scientifique, fouillent le sol. Avec des outils nettement moins sophistiqués : une truelle, une griffe, une pelle. Pas besoin de la pioche cette fois-ci. Ils collectent tout ce que cette terre, fertile en vestiges du siècle dernier, veut bien leur rendre.
Des petits os, des plus gros dont « un morceau de la mâchoire supérieure et des dents », observe Olivier Quintin, chef de secteur pour le pôle des sépultures des guerres et des hauts lieux de la mémoire nationale.

Un ou plusieurs soldats ?

Dans ce qui tenait à la fin de la fouille dans deux petites boîtes, pas de quoi faire un homme… mais peut-être plusieurs, de façon parcellaire bien sûr : « Il faut désormais déterminer s'il n'y a qu'un seul soldat en refaisant le squelette. Je dresserai ensuite un procès-verbal que je transmettrai aux services des sépultures allemands », poursuit Olivier Quintin. Ces ossements auront ensuite « de fortes chances d'être transférées dans un cimetière militaire près de Metz. »
Impossible d'identifier le soldat, de définir l'emplacement exact de son décès ou encore la cause de celui-ci, même si une balle a été retrouvée à proximité. Ses restes rejoindront d'autres, restés sans nom.
Ludivine BLEUZÉ


Date de création : 28/06/2012 @ 22:21
Dernière modification : 07/01/2015 @ 15:49
Catégorie : Mémoire

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